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Les ouvrages et les articles sont classés par ordre alphabétique d'auteurs
La publication en Italien en janvier 2007, du livre de l'historien Ariel Toaff, l'énorme scandale qui a suivi, la pression de l'université israélienne où il enseigne depuis près de 30 ans, et le retrait du livre des librairies, ont fait franchir un seuil à la réflexion sur l'affaire dite des crimes rituels (accusa di sangue en italien et blood libel en anglais, ritualmord en allemand. On notera qu'aucun de ces terme ne se traduit exactement dans les autres langues). C'est une affaire qui traîne depuis des siècles. D'après TOUTES les sources juives, et elles sont nombreuses, c'est une affaire sans fondement. Les récits de meurtres rituels seraient purement imaginaires, les aveux extorqués sous la trorture, les condamnations injustes. Ainsi, au cours des siècles, les juifs seraient la seule communauté au monde qui n'ait jamais abrité de pédophile criminel et qui serait toujours innocente de tout.
Comme on dit anglais, nous demandons à exprimer un désaccord. Le nombre d'affaires de crimes rituels concernant des juifs ne dépasse pas la centaine sur huit siècles. Il n'y a pas de raison de penser qu'elles seraient toutes sans fondement. Les tenants du judaïsme poussent les hauts cris en disant que le sang est exclu de tous les rituels juifs et que par conséquent il n'a pas pu y a voir de meurtre motivé par le besoin et l'usage du sang d'un chrétien. Or cette affirmation est extrêmement douteuse, ainsi que le montrent nombre d'études détaillées des traditions juives d'avant l'époque moderne.
N'allons pas plus loin. Nous n'avons, nous, à la rédaction de l'UUURGH, aucune conviction pré-établie sur ce sujet. Nous ne sommes pas en mesure de confirmer l'existence ou l'inexistence de ces crimes. Nous ne savons pas s'ils doivent tous être rangés dans une même catégorie. Mais nous sommes étonnés de voir que tant de publicistes se prononcent sans connaître les dossiers. Il est évident que l'accusation gêne certains milieux qui veulent disqualifier a priori toute réflexion sur le sujet. Nous avons accepté trop longtemps que le monde juif, dans sa diversité, interdise toute enquête. La secousse salutaire est venue de Toaff, juif de tradition rabbinique, historien d'un immense courage, qui a cherché à baliser le chemin. Nous lui en savons gré. Mais pour que la réflexion aille de l'avant, il est absolument indispensable de sortir de l'enfer des bibliothèques les études poussièreuses de ceux qui, depuis très longtemps, se sont penchés sur la question, et qui ont été ostracisés par les dictatures dominantes. Nous rejetons cette domination et nous mettrons en ligne les ouvrages, bons ou mauvais, on en jugera, qui ont abordé ces rivages pestilentiels où barbote un passé lointain.
1/ D'abord, le livre d'Ariel Toaff, Pasque di Sangue. Il est en italien, et pas très facile à lire.
LE LIVRE RETIRÉ DES LIBRAIRIES !!!
TOAFF Ariel
Pasque di Sangue -- Ebrei d'Europa e omicidi rituali
<pdf> 3,7 M, pag. 242, Bologna, Il Mulino, Febbraio 2007
Les images sont dans un fichier à part. 1,6 M
« Malgré
son titre de thriller, Pasque di sangue est un austère
essai historique consacré aux accusations de meurtres rituels
portées contre les juifs d'Europe au Moyen Age. Rien ne
promettait à cette étude universitaire de 360 pages
un destin de best-seller sulfureux. Plus que l'ouvrage d'ailleurs
- que peu de monde avait encore lu -, c'est la présentation
qui en a été faite dans la presse italienne qui
a déclenché la polémique.
Convoqué le 14 février à son retour d'Italie
par le président de l'université Bar Ilan, Ariel
Toaff s'est vu imposer un communiqué annonçant le
retrait de son ouvrage, et s'excusant "auprès de tous
ceux qui ont été offensés par les articles
et par les faits déformés qui m'ont été
attribués ainsi qu'à mon livre" ». (Le
Monde, 23 février 2007) Il y a tout lieu de penser
que ce communiqué rédigé par d'autres que
Toaff.
C'est un excellent livre, écrit avec précaution par un historien parfaitement qualifié. Il pratique une brèche dans les fortifications qui protègent l'ensemble des privilège dont jouissent les juifs dans nos sociétés. La réaction d'une extrême violence des institutions juives, aussi bien en Israël qu'au dehors, est symptomatique. La presse présente l'auteur comme repentant. C'est une erreur complète : il ne renie rien de son livre et proteste contre les déformations d'une meute de journalistes qui n'ont pas lu le livre. Ils vont jusqu'à lui reprocher de l'avoir écrit en italien, lui, le fils du grand rabbin de Rome (1951-2001). C'est une affaire qui ne fait que commencer. Mais d'abord, nous sauvons le livre, désormais introuvable.
Ariel Toaff, a professor of medieval and Renaissance history at Israel's Bar Ilan University, said in a February 14 statement that, while he stands by his research, he is recalling the book, "Pasque di Sangue" ("Bloody Passovers"), in order to reframe those sections of it that he feels have been misunderstood by readers and mischaracterized in the press. To further allay criticism, Toaff was made to donate any money he may have earned from book's early sales to the Anti-Defamation League, which only days before had condemned the scholar, whithout having read it, of course.
Gerusalemme, 26 feb. (Adnkronos) - Lo storico Ariel Toaff, autore del controverso libro "Pasqua di sangue", intende chiarire la sua posizione su una rivista scientifica, scrive oggi il quotidiano israeliano Haaretz, senza tuttavia specificare il nome della pubblicazione. Il libro verte su un processo intentato nel XV secolo contro ebrei di Trento accusati di aver usato nei riti pasquali il sangue di un bambino cristiano. Toaff, che dieci giorni fa ha ordinato la sospensione della distribuzione del libro in seguito alle polemiche, vuole ora chiarire che gli ebrei di Trento non uccisero il piccolo Simonino o altri bambini cristiani, ne' usarono il sangue di cristiani morti. All'epoca veniva infatti infatti venduto del sangue, cavato da donatori viventi. Lo storico vuole anche sottolineare che la vicenda coinvolse elementi estremisti di una piccola comunita' askenazita. [Articolo scritto dalla polizia del pensiero]
Non ho letto il libro di Ariel Toaff Pasque di Sangue, appena uscito per il Mulino, che afferma sia vero il mito del blood libel, ovvero gli omicidi e l'uso rituale del sangue da parte degli ebrei qualche centinaio di anni fa. Ma ne ho letti molti di commenti da parte di altri storici, e ho consultato testi sull'argomento, tanto da essermene formata un'opinione. Raramente una più superficiale concezione delle parole «verità» e «coraggio» è stata applicata a un caso di studio e soprattutto a una questione politica e contemporanea così scottante come quella che solleva il libro di Toaff. Fiamma Nirenstein (Il Giornale)
Italiano, ma da anni docente di storia medievale in Israele, Ariel Toaff manda in libreria per il Mulino un volume forte e grave sin dal titolo, Pasque di sangue. Magnifico libro di storia, questo è uno studio troppo serio e meritorio perché se ne strillino le qualità come a una bancarella del mercato. Sergio Luzzatto (Corriere della Sera)
Dal Mulino non giungono reazioni ufficiali alla decisione di Ariel Toaff, che ha preferito ritirare il suo libro per riformularne alcuni passaggi. Dal canto suo Paolo Prodi, docente di Storia moderna e membro del comitato direttivo dell' associazione Il Mulino, invita a "fermarsi e rispettare la volontà espressa da Toaff, nella speranza che la discussione possa rientrare nell' alveo della critica e del confronto scientifico". Ma trae dalla vicenda anche ulteriori riflessioni: "È emerso un problema che investe la natura del mestiere di storico. Si è visto quale importanza e delicatezza possa assumere l' elaborazione storiografica, quando viene a interferire in qualche modo con i conflitti dell' attualità politica. Il lavoro di Toaff è stato aspramente attaccato ancora prima dell' uscita del volume, per il timore che potesse dare fiato a posizioni revisioniste o negazioniste in fatto di antisemitismo. Capisco le preoccupazioni, ma credo che la ricerca debba avere la possibilità di svolgersi in piena autonomia, senza subire il peso di pressioni esterne". Paolo Prodi Il Corriere della Sera
Un dossier de presse italien sur ce qui désormais est l'affaire Toaff
Raccolta
di articoli della stampa italiana sul caso Toaff
pag. 87, <pdf> 800K Marzo 2007, Un. degli
Studi di Teramo
English : Blood Passover
<pdf> 150 p., translation in English of the fast disappeared book on one famous Jewish "blood libel", by Gian Marco Lucchese and Pietro Gianetti. With preliminary remarks by aaargh.
Very useful work which extends the access to this remarkable book. A second edition in Italian, with a new preface by the author, is expected by the end of the year.
Voir le dossier AUTOUR DE "PASQUE DI SANGUE".
DAL (ou DAHL) Vladimir Ivanovitch
Rozysaknie o ubienii evreïami khristianskikh mladentsev i upotreblenii krovi ikh
[Enquête sur le meurtre d'enfants chrétiens par les juifs et sur l'utilisation de leur sang]
Saint Petersburg, en russe, 1844 <pdf> 172 p. 1,4M
Connu comme l'auteur du plus important dictionnaire russe du XIXe siècle, <http://vidahl.agava.ru/ > Dal fut un précoce flokloriste. Il fut chargé par le ministère de l'intérieur de faire un rapport sur les affaires de crimes rituels imputés aux juifs (1844). Imprimé à quelques exemplaires, ce texte sembla disparaître à maintes reprises. Nous en avons une version imprimée avant la Révolution, utilisant l'ancien alphabet.

C'est une étude froide, érudite, qui enregistre les faits, sans fioritures et sans passion. Dal montre très bien le mécanisme de la dénégation des petits groupes de criminels qui sont couverts par la communauté. Pour éviter le retour du bâton, elle soudoit les autorités, quel qu'en soit le prix. Dal n'avait rien d'un antisémite, même si cet ouvrage est souvent absent de la liste de ses travaux. L'UNESCO avait décrété l'année 2000 comme «année Vladimir Dahl».
DESPORTES Henri
Le Mystère du Sang chez les juifs de tous les temps
Préface d'Edouard Drumont
Paris, Savine, 1890, 409 p. <pdf> 1,6 M
Littérateur. - Professeur de mathématiques à l'école de la Providence à Amiens, puis à Lille et Asnières (en 1895). - N'a jamais reçu les ordres (quoiqu'il signe souvent Abbé Desportes). - Il lance un mensuel "l'Alliance antijuive" (1890-1892) puis "La Terre de France" (1894-1895) ; il dirige également les "Annales de la philosophie" et fonde en octobre 1895 : "La France nouvelle". - Nom réel : Henri Déporte. - Né à Yébleron, Seine-Maritime.
Roger Gougenot des Mousseaux, Le Juif, le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, 1869.
Voir le chapitre 6, L'assassinat talmudique, qui relate essentiellement l'affaire de Damas (1840) Il commence à la page 184. En voici le sommaire :
Assassinats, ou sacrifices de chrétiens, commandés en certains cas par le Talmud, qui est le renversement du Décalogue. - Ce crime d'idolâtrie magique et d'anthropophagie, signalé dans la Bible, est traditionnel. - Ces crimes disparaissent dans les centres de civilisation ; ils ont été de tout temps et de tous lieux chez les talmudisants. - Le Juif les nie avec son aplomb caractéristique. - Exemples et autorités. - La plus grave magistrature des chrétiens n'est composée, au dire du Juif, que d'ignorants et de bourreaux. - Pièce authentique qui nous montre les Juifs commettant ce crime à ciel ouvert, parce qu'ils s'imaginent avoir une garantie légale. - Les princes sans cesse obligés de sévir contre eux. - Un de ces crimes, commis il y a quatre siècles, semblable dans tous ses détails à celui dont fut victime, en 1840, le Père Thomas. - L'Eglise se prononce sur ces crimes sacrés comme la magistrature séculière. - Les Juifs s'appellent peuple au cur tendre ! - Récit parallèle au précédent ; assassinat religieux du Père Thomas et de son domestique. - Menus détails, interrogatoires, procès-verbaux, horreurs inexprimables. - Intrigues judaïques contre la justice et contre le consul de France.- Députation et pression des Juifs d'Europe sur le souverain de l'Egypte. - L'or. - La justice arrêtée : son recul après la condamnation des assassins. - Négation du crime par tous les Juifs de la terre, malgré la surabondance et la précision des détails. - Paroles du souverain de l'Egypte et firman. - Silence de la justice obtenu. - Fureur et rancune du Juif contre M. Thiers, parce que ce ministre de Louis-Philippe a osé louer à la tribune la conduite du consul de France contre les assassins. - Ce digne représentant de la France n'est arrêté ni par les millions ni par les menaces. - Les pièces du procès, où nous puisons, déposées au ministère des affaires étrangères. - Ces crimes religieux ont une ressemblance si frappante, malgré les siècles qui les séparent, que la pensée de dates distinctes s'efface devant la nature des faits.
Le juif -- Le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens
Paris, Plon, 1869, 613 p. <pdf> fac-similé. ATTENTION : 20 M
Un grand classique de ce qu'ils appellent l'antisémitisme mais qui relève plutôt de la "critique du judaïsme" que nous tenons pour parfaitement légitime. Ils crient tous contre ce livre, mais ils ne l'ont pas lu. C'est un grand inédit sur internet.
Pourquoi ce livre a-t-il été écrit ? En juin 1869, Maxime du Camp écrivait dans La Revue des deux mondes un article qui déplut à certains lecteurs. Aussitôt le consistoire israélite de Nancy écrivit au gouvernement : Nous espérons que "grâce à votre intervention auprès de l'autorité, une répression judiciaire mettra fin à des abus qui ne tendent à rien moins qu'à entretenir dans les populations ces odieux préjugés dont nous avons tant souffert dans le passé, et dont il faut, à tout prix, empêcher le retour dans l'intérêt de la paix publique et de la civilisation". (Archives israélites, 1969, xiv, p. 431).
On voit donc que, depuis plus de 150 ans, ce sont toujours les mêmes qui se plaignent de souffrances plus ou moins imaginaires et qui se cramponnent aux genoux des "autorités" pour obtenir la mise en place d'une censure qui agirait comme un mur virtuel, cachant la "communauté" aux yeux de la foule des passants, et assurant ainsi son impunité. C'est l'époque où les portes de ghettos lâchent sous la pression des Lumières. Un flot en sort qui envahit tout. Voyez, dans l'opuscule de Wilhelm Marr (ci-dessous), comment vingt ans après l'émancipation, en Allemagne, les juifs ont pris le contrôle des organes essentiels, presse, politique, banques, etc. Ce qu'on appelle l'antisémitisme au XIXe siècle est la réaction de surprise, d'étonnement et de refus impuissant devant cette marée montante. Cette réaction est celle de toutes les couches sociales, touchées très tôt par la destruction capitalistique et donc en grande partie juive, de leurs fondements économiques. Il est somme toute étonnant qu'elle n'ait pas été plus violente.
VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DE GOUGENOT DES MOUSSEAUX"
LEESE Arnold
Asesinato ritual judio
Londres, 1938, 68 p. <pdf> 400 K
Arnold Leese est un célèbre antisémite britannique que Sa Gracieuse Majesty a gardé au chaud dans un de ses donjons pendant la seconde guerre mondiale. Il fait ici le bilan de la littérature concernant le fameux "crime rituel". Fantasme ? Réalité ? Le lecteur choisira.
El doctor
Arnold Spencer-Leese (1877-1956) era veterinario conocido, un anti-Semite
y político fascista. El hizo un experto en el camello.
Hizo implicado con los grupos fascistas, comenzando en 1924. Como
eligieron a un miembro de los fascistas británicos él
a un consejo local que año, junto con el Henrio Simpson.
Él fundó a liga fascista imperial fracasada
en 1929, encontrando su movimiento alcanzado por Oswald Mosley
y la unión británica de fascistas. Él volvió
a enviar grandemente a Mosley y lo dobló un "fascista
kosher". El anti-Semitism de Leese le ganó un encanto
en la prisión en 1936 para crear una travesura pública.
Él era uno de los líderes pasados del movimiento
fascista que se internará en el Reino Unido al principio
de la guerra mundial II. reputado, él encontró a
policía el inclinarse sobre un cajón en su dormitorio
cuando él volvió a casa. El no poder resistir la
tentación, Leese golpeó a policía con el
pie en las nalgas."
My Irrelevant Defence -- being Meditations Inside Gaol and Out on Jewish Ritual Murder
<pdf> 66 p., 450 K, London, 1938, edition Imperial Fascist League.
Arnold Leese fut un antisémite anglais conséquent, cultivé, drôle, que la "démocratie" anglaise, pour bien le pénétrer de ses vertus, a mis en prison à plusieurs reprises pour ses opinions. Il reprend le dossier des crimes rituels et trouve qu'il fourmille de raisons de méditer.
"I challenge and defy the Judæo-Masonic Power, which rules this country, by publishing the present work in 1938, not only in my own defence, but in the public interest to break the attack on Free Speech that is rapidly developing wherever any criticism of the past or present conduct of Jews is concerned, an attack which relies for its success upon the ridiculous charge that a breach of the peace is likely if the truth about them is spoken!"
Dossier "Arnold Leese", antisémite britannique très flegmatique.
Willie Martin, une compilation assez superficielle. En anglais. Point de vue chrétien issu de la droite américaine.
Willie Martin, The History of Jewish Human Sacrifice.
The Law of Human Sacrifice: For a long time the newspaper Der Sturmer endeavored to find the actual law of ritual murder, the law of human sacrifice. It finally succeeded in doing so. In a trial in which Julius Streicher and Karl Holz were being tried (because of "offending the Jewish Religious Society") it was proposed that they call as witness Dr. Erich Bischoff. Dr. Bischoff appeared. He was the leading German expert on the laws of the Talmud. He had dedicated his entire life to the study of the Jewish law books. Dr. Bischoff brought with him a translation of a secret Jewish law, which clarified with one stroke the question of ritual murder. It comes from the book of Sohar.[=Zohar] This book is considered to be holy by the Jews.
The knowledge of Jewish ritual murder is thousands of years old. It is as old as the Jews themselves. Non-Jews have passed the knowledge of it from generation to generation, and it has been passed down to us thorough writings. It is known of throughout the nation. Knowledge of ritual murder can be found in even the most secluded rural villages. The grand-father told his grand children, who passed it on to his children, and his children's children, until we have inherited the knowledge today from them.
Dossier "autour du livre de de Willie Martin".
Hellmut Schramm, auteur certainement nazi, mais hélas "incontournable". Est-ce que "nazi" veut dire idiot ? ou incompétent ? 1943 ne semble pas être une très bonne année... On ne lit plus les nazis, c'est entendu. Mais tout est-il à jeter? Plutôt que la réputation d'un livre, nous préférons examiner le livre lui-même. Il est en allemand. Mais pas en gothique !
Hellmut Schramm, Jüdische Ritualmord. 1943.
Il est temps. Le livre d'Ariel Toaff nous ouvre la voie. Un écrasant tabou a pesé sur cette question des meurtres rituels. Ils sont unanimes à crier qu'elle n'existe pas. Toaff, le fils du grand rabbin de Rome, qui enseigne dans une université religieuse en Israël, montre que cette unanimité dissimule quelque chose. Il répète, après d'autres, qu'il y a des parties cachées, purement orales, dans l'enseignement du Talmud. Ce que recouvre cette soudaine discrétion juive, nous voulons le savoir. Bien avant Toaff, d'incontestables antisémites se sont penchés sur la question. Il est temps de lire ce qu'ils ont écrit. On se fera une opinion APRÈS. Ceux qui veulent se faire une opinion AVANT sombrent dans l'insignifiance. Hellmut Schramm, certainement nazi, n'est ni le premier ni le dernier, mais c'est un chercheur consciencieux. On peut le réfuter, mais non pas l'ignorer.
English : Jewish Ritual - Murder -- A Historical Investigation
(Berlin, 1943) Translator's Preface by R. Belser, Foreword by Johann von Leers, 346 p.. <pdf> 3M
The official 'party line' on Jewish Ritual-Murder is that all such incidents were crimes which ignorant and superstitious peasants blamed on innocent Jews during the Middle Ages. The truth, however, is different: these accusations predate both the Middle Ages and the start of the Christian era. Reports from a range of sources, varying widely in chronology and geographical setting, show remarkable consistency, and learned, conscientious investigators were often involved in ascertaining what actually occurred. In many cases - such as the Damascus double murders - men of known rectitude, intelligence and of wide experience in the world, such as Sir Richard Burton, confirmed its existence. The position I have come to after translating this work, is that the accusation of Jewish Ritual-Murder has always been based upon a real and not an imaginary, phenomenon, a historical reality. I believe that, for all practical purposes, and for a variety of reasons, genuine cases of Jewish Ritual-Murder were beginning to peter out at around the turn of the 20th century. I believe that they were perpetrated by what are usually referred to as the "ultra-Orthodox" Jews; after the mid 17th century, that means the Hasidim in particular; that up until the late 19th century, the existence of Jewish Ritual-Murder was more generally known to exist by the Jews themselves, although its practice was anything but universal among them. I believe that today, very few Jews know its history and most of them do indeed honestly regard it as a "libel." R. Belser.
VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DE SCHRAMM"
TLASS Général Moustafa
L'Azyme de Sion
< pdf > 1,5 M, 141 p.
C'est le livre
qui flanque les foies à ces Messieurs du CRIF et des Zinstances
Zisraélites réunies. Depuis des années, ils
dénoncent les liens, réels ou supposés, qui
uniraient le sulphureux général, longtemps ministre
de la défense syrien, et les abominables de l'AAARGH. On
ne compte plus les articles qui geignent dans les colonnes de
L'Arche. Et bien, voilà. Le cauchemar arrive. La
parution du livre d'Ariel Toaff a suscité ce que l'on appelle
dans la presse, toujours avide de clichés, une "levée
de boucliers". Nous avons glissé le regard sous les
boucliers. Et nous y avons découvert un formidable négationnisme
juif : les juifs seraient toujours et partout innocents de
ces abominables crimes rituels. Mais quand on voit le formidable
appareil de propagande, de manipulation politique et de répression
mis en place au service de cette innocence, on est pris par le
doute. En fait, le dossier des crimes rituels attribués
spécifiquement aux anciens juifs, est d'une bouleversante
richesse. Le livre de Moustafa Tlass, rédigé en
arabe il y a une vingtaine d'années, est une pièce,
parmi beaucoup d'autres de ce dossier. Tout le monde n'a pas l'occasion
de baguenauder sur les boulevards de Damas. Voici ce livre pour
nos lecteurs de partout.
"On trouve au catalogue
des éditions Dar Tlass, au côté du livre
négationniste de Serge Thion: deux livres (présentés
l'an dernier, à la Foire internationale du livre de
Francfort) sur «le rôle des Juifs» dans les
attentats du 11-Septembre; un livre de Moustafa Tlass lui-même,
La Matza de Sion [= L'Azyme de Sion], qui affirme qu'en
1840 les Juifs de Damas ont égorgé un moine et son
domestique afin d'utiliser leur sang pour la fabrication du pain
azyme (ce livre a connu de nombreuses
rééditions, dont la dernière en date a été
présentée en 2002 à la Foire du livre de
Damas, ainsi que des
traductions en anglais et en français). " L'Arche,
janvier 2006.
VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DU BRAV'GÉNÉRAL TLASS", la bête noire des sionistes.
RECUEIL DE NOTICES empruntée à Wikipedia:
Petit St Hugues de Lincoln (1255) ·
Hugues de Lincoln (1247-août 1255) était un
petit garçon anglais, dont la disparition provoqua une
accusation de meurtre rituel contre les Juifs, qui se révéla
infondée, dont les conséquences se sont fait sentir
jusqu'à aujourd'hui. . Souvent on parle de Little saint
Hugh. Le garçon avait disparu le 31 juillet et son corps
avait été découvert dans un puits le 29 août.
Peu de temps après sa disparition, un Juif du lieu appelé
Copin (ou Jopin) avoua sous la menace de la torture qu'il avait
tué l'enfant. Dans sa confession il déclara que
c'était l'habitude chez les Juifs de crucifier un enfant
chrétien chaque année. Copin fut exécuté
et l'histoire se serait terminée là si une série
d'événements n'avait pas coïncidé avec
la disparition.
Six mois plus tôt environ, le roi Henri III avait vendu
à son frère Richard, comte de Cornouailles, ses
droits sur la taxe des Juifs. Ayant perdu cette source de revenu,
il décida qu'il avait droit à l'argent des Juifs
s'ils étaient condamnés pour crime. En conséquence,
environ quatre-vingt-dix Juifs furent arrêtés et
détenus à la Tour de Londres, accusés d'avoir
été impliqués dans ce meurtre rituel.
Dix-huit d'entre eux furent pendus - c'était la première
fois que le gouvernement civil prononçait une condamnation
à mort pour meurtre rituel - et le roi Henri eut donc la
possibilité de se saisir de leurs biens. Les autres furent
graciés et libérés, très probablement
parce que Richard, qui y voyait une menace potentielle contre
ses propres sources de revenus, était intervenu en leur
faveur auprès de son frère.
Influence culturelle [modifier]
Pendant ce temps, la Cathédrale de Lincoln commençait
à tirer profit de l'épisode : Hugues était
considéré comme un martyr chrétien et les
lieux associés à sa vie devenaient le but de pèlerinages.
Une légende à son sujet prit naissance, recevant
le soutien de la culture populaire, et l'histoire devint sujet
de poésie et de folklore. Même Geoffrey Chaucer dans
ses Contes de Cantorbéry fait référence à
Hugues de Lincoln dans le « Conte de la Prieure ».
Les pèlerins dévots de Hugues de Lincoln affluèrent
vers la ville jusqu'au début du 20ème siècle,
quand un puits fut construit dans l'ancien quartier juif de la
Cour de Juifs et présenté de façon tapageuse
comme le puits où on avait trouvé le corps de Hugues.
En 1975 le groupe anglais de folk-rock Steeleye Span a enregistré
une version du « Petit saint Hugues » dans
son album Commoner's Crown. Dans la chanson, le meurtrier est
« une lady gay » qui est « habillée
de vert »
En 1955, l'Église anglicane a remplacé le reliquaire
dans la Cathédrale de Lincoln par une plaque portant ces
mots :
Ancien emplacement du reliquaire du Petit saint Hugues.
Des légendes mensongères rapportant des histoires
de « meurtres rituels » de petits garçons
chrétiens par les communautés juives étaient
courantes dans toute l'Europe au Moyen-âge et même
beaucoup plus tard. Ces faux-bruits ont coûté la
vie à un grand nombre de Juifs innocents. Lincoln avait
sa propre légende et la prétendue victime a été
enterrée dans la Cathédrale en 1255.
De telles histoires ne sont pas à mettre au crédit
de la chrétienté et nous prions ainsi :
seigneur, pardonnez ce que nous avons été,
corrigez ce que nous sommes,
et amenez-nous à ce que nous devons être.
Liens externes [modifier]
· The Ballad of Hugh of Lincoln
· Ritual In Blood: a play
· Hugh of Lincoln de la Jewish Encyclopedia
· "Jewish Communities in Eastern England"
Anderl von Rinn
Anderl (Andreas) Oxner von Rinn est un
garçon de 3 ans qui, selon une dénonciation calomnieuse,
aurait été assassiné le 12 juillet 1462 par
des Juifs étrangers à sa commune dans le village
de Rinn (Tyrol du Nord) au cours d'un meurtre rituel.
C'est sans doute en 1475 que les ossements de l'enfant, à
la suite du meurtre de Simon de Trente, attribué lui aussi
aux Juifs, furent transférés dans l'église
paroissiale de Rinn. Cependant, la véritable légende
du meurtre rituel ne naquit que vers 1620 sous la plume d'Hippolyte
Guarinoni, un médecin qui, à l'époque, était
attaché à un béguinage de dames nobles à
Hall. Ayant vraisemblablement entendu parler du meurtre il rédigea
en 1642 un ouvrage sur ce crime : Triumph Cron Marter Vnd
Grabschrift des Heilig Unschuldigen Kindts (Couronne triomphale
du martyr et épitaphe du saint enfant innocent). Le prétendu
lieu du crime, Judenstein bei Rinn, devint un lieu de pèlerinage
et par là une démonstration d'antijudaïsme
dans l'Église catholique.
En 1753 le pape Benoît XIV permit la vénération
du petit Anderl. Par des pièces de théâtre
populaires, qui se fondaient sur les écrits de Guarinoni
et qui furent jouées jusqu'en 1954, se répandit
la légende antijuive. Les frères Grimm la reprirent
en 1816 quand ils publièrent le premier volume de leurs
récits allemands. En 1893 parut le livre Quatre enfants
tyroliens victimes du fanatisme hassidique du prêtre viennois
Joseph Deckert, qui donna une nouvelle vie à la légende
et la rendit utilisable pour les formes modernes d'antisémitisme.
Finalement, la fête d'Anderl von Rinn fut rayée du
calendrier religieux en 1953 par l'évêque d'Innsbruck
Paul Rusch. En 1985 on retira de l'église paroissiale les
ossements du prétendu petit martyr. En 1994 le culte de
l'enfant au Judenstein fut interdit officiellement par l'évêque
Reinhold Stecher.
Malgré tout un pèlerinage au Judenstein près
de Rinn a toujours lieu chaque année, organisé à
titre privé par des extrémistes de droite locaux
et régionaux et des intégristes catholiques, le
dimanche qui suit le 12 juillet. Contrairement aux ordres de l'Église
catholique, et contrairement aussi aux travaux scientifiques concernant
cette légende, des représentants isolés de
l'Église catholique se sont prononcés en faveur
de la célébration de cette fête et considèrent
que le caractère fictif du meurtre rituel n'a pas été
prouvé. En font partie Gottfried Melzer, chapelain et coorganisateur
du pèlerinage, suspens a divinis et condamné en
Autriche en 1998 pour incitation à la haine raciale, Robert
Prantner, théologien et membre de l'association Engelwerk,
ainsi que Kurt Krenn, ancien évêque de Saint-Pölten
et président de la Ligue de prière de l'empereur
Charles pour la paix entre les peuples, de tendance nationale
et conservatrice.
Bibliographie (en allemand) [modifier]
· Rainer Erb: "Es hat nie einen jüdischen Ritualmord
gegeben". Konflikte um die Abschaffung der Verehrung des
Andreas von Rinn. Wien 1989
· Bernhard Fresacher: Anderl von Rinn. Ritualmordkult und
Neuorientierung in Judenstein 19451995. Innsbruck und Wien
1998, ISBN 3-7022-2125-5
· Andreas Maislinger und Günther Pallaver: Antisemitismus
ohne Juden - Das Beispiel Tirol. In: Wolfgang Plat (Hg.), Voll
Leben und voll Tod ist diese Erde. Bilder aus der Geschichte der
Jüdischen Österreicher. Herold Verlag, Wien 1988. ISBN
3-7008-0378-8
· Ingrid Strobl: Anna und das Anderle. Eine Recherche.
Frankfurt am Main 1995, ISBN 3-596-22382-2
· (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en allemand intitulé « Anderl von Rinn »
Simon de Trente (? vers le 21 mars 1475), était un garçon de la ville de Trente, (aujourd'hui en Italie). Sa disparition serait le fait des chefs de la communauté juive de la ville, d'après des aveux arrachés sous la torture.
La disparition de Simon Unverdorben, connu
également sous le nom de Siméon, Simonin ou Simonet,
déclencha la première accusation infondée
de crime rituel. Ces accusations se multiplièrent à
travers l'Europe pendant près de cinq siècles. Peu
de temps avant la disparition de l'enfant, Bernardin de Feltre,
prêcheur franciscain itinérant, avait prononcé
à Trente une série de sermons où il disait
du mal de la communauté juive locale.
Quand Simon disparut aux alentours de Pâques 1475, son père
pensa qu'il avait été enlevé et assassiné
par les juifs. Selon lui, ils avaient vidé l'enfant de
son sang pour l'utiliser dans la cuisson de leurs matzot de Pâques,
et pour des rituels occultes auxquels ils se livraient secrètement.
Réaction aux événements
[modifier]
Les chefs de la communauté juive furent arrêtés
et dix-sept avouèrent sous la torture. Quinze d'entre eux,
y compris Samuel, le chef de la communauté, furent condamnés
à mort et périrent sur le bûcher. Pendant
ce temps Simon devint un objet de vénération pour
l'Église catholique locale. Plus de cent miracles furent
directement attribués au « petit saint Simon »
dans l'année qui suivit sa disparition.
Son culte se propagea à travers l'Italie et l'Allemagne
et fut confirmé (ce qui équivaut à une béatification)
en 1588 par le pape Sixte-Quint, qui le proclama martyr et saint
patron des victimes enlevées et torturées. La même
année, Sixte V le canonisa et approuva qu'une messe spéciale
en l'honneur du «petit Simon » fût dite
dans le diocèse de Trente1,2 .
Interdiction moderne du culte [modifier]
En 1965, au début du Concile Vatican II, l'Église
commença à réenquêter sur cette histoire,
les dossiers du procès furent rouverts. Après avoir
reconnu l'affaire comme frauduleuse, le culte de saint Simon fut
aboli par le pape Paul VI et l'autel qu'on lui avait élevé
fut démoli. On le retira du calendrier et il fut défendu
de le vénérer à l'avenir. Cette interdiction
ne fût pas respectée par tous.
En 2001 les autorités locales de la Province autonome de
Trente organisèrent une prière commune des catholiques
et des juifs à l'emplacement de l'ancienne synagogue juive
de Palazzo Salvadori, en signe de réconciliation entre
la ville et la communauté juive.
Bien que les historiens conviennent qu'il est extrêmement
douteux que Simon ait été assassiné par les
juifs, il reste quelques personnes pour considérer le meurtre
comme un fait. Quant à la cause réelle de la
disparition de Simon, elle demeure un mystère. [Ah! ah!
rions un peu ! ]
Affaire Toaff [modifier]
En février 2007, le professeur et chercheur israélien
Ariel Toaff a publié un livre dont le titre est Pasque
di sangue: Ebrei d'Europa e omicidi rituali (Pâques
sanglantes: Juifs d'Europe et meurtres rituels). Dans ce livre,
il avance que le sang séché était utilisé
à l'époque à des fins médicales, et
qu'un marchant itinérant juif venant de Venise, impliqué
dans le procès, en faisait commerce. Ses déclarations
provoquèrent un tollé en Israël et en Italie.
Les homologues de Toaff l'accusèrent d'avoir commis de
nombreuses erreurs dans ses recherches et d'accorder du crédit
à des documents de l'inquisition obtenus sous la torture
ou falsifiés. Ils mirent également en avant le fait
qu'un juif, qui avait servi quelque temps comme témoin
à charge, avait manipulé le juge avec ses connaissances.
Ariel Toaff a retiré son livre du commerce afin de pouvoir
retravailler les passages qui lui étaient reprochés3.
Sources [modifier]
· Cet article est partiellement ou en totalité
issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais
intitulé « Simon of Trent »
Notes et références [modifier]
1. ? A Blood Libel Cult:Anderl von Rinn, d.1462 (Medieval Sourcebook)
2. ? (de)Marco Polo und Rustichello: "notre livre"
und die Unfaßbarkeit der Wunder
3. ? 'Blood libel' author halts press by Matthew Wagner and AP.
Jerusalem Post. February 14, 2007
Le Saint Enfant de La Guardia (Santo
Niño de La Guardia) est la victime supposée d'un
meurtre rituel pratiqué par des Juifs et des Conversos
(Juifs convertis au catholicisme), à la fin des années
1480 dans la localité de La Guardia (Province de Tolède).
En raison de ce meurtre, plusieurs Juifs et nouveaux convertis
ont été inculpés, condamnés par l'Inquisition
et brûlés vifs à Ávila le 16 novembre
1491.
Certains documents du procès ont été conservés
(et tout particulièrement, l'interrogatoire complet de
l'un des accusés, Yucef Franco) et révèlent
de multiples irrégularités ainsi que l'absence de
preuves tangibles de l'existence même du crime. La majorité
des historiens actuels considèrent que le procès
est uniquement destiné à créer un climat
antisémite afin de permettre un meilleur accueil, par la
population, du décret d'expulsion des Juifs, qui sera promulgué
quelque mois plus tard en mars 1492.
Pendant tout le XVIe siècle, une légende hagiographique
s'est développée à propos du Saint Enfant,
dont le culte continue d'être célébré
à La Guardia.
Le procès [modifier]
Selon les documents en notre possession, les premières
arrestations ne sont pas le résultat de l'investigation
d'un crime quelconque. Apparemment, aucun cadavre n'a été
découvert et aucune disparition d'enfant n'est signalée.
Les premiers détenus sont des judéoconversos (juifs
convertis) accusés uniquement de cryptojudaïsme et
de continuer à pratiquer la religion juive. Ce n'est que
pendant les interrogatoires pratiqués en prison que se
façonne l'idée de les accuser de crime rituel
En juin 1490, on arrête à Astorga un converti dénommé
Benito García, cardeur ambulant, natif du village de La
Guardia. Il est conduit devant Pedro de Villada, vicaire général
de l'évêché d'Astorga pour être interrogé.
La confession de Benito García en date du 6 juin 1490 a
été conservée. Il en découle qu'il
est accusé uniquement de pratique judaïsante. L'accusé
explique dans ce document que cinq ans auparavant (en 1485) il
était secrètement revenu à la religion juive,
encouragé par un autre converti, aussi de La Guardia, Jean
de Ocaña, et par un Juif de la localité proche de
Tembleque, dont le nom de famille est Franco.
Yucef Franco, dont le nom est mentionné par Benito García
est un cordonnier. Il est aussitôt arrêté par
l'Inquisition. Il se trouve en prison à Ségovie
le 19 juillet 1490, quand, après s'être senti malade,
il est visité par un médecin, Antonio d'Avila. Yucef
demande au médecin la venue d'un rabbin. Au lieu du rabbin,
le médecin se présente pour sa seconde visite accompagné
du moine Alonso Enríquez, déguisé en Juif
et se faisant appelé Abrahán. Le prisonnier, en
utilisant quelques mots d'hébreu, demande au faux rabbin
d'entrer en relation avec le rabbin de Castille, Abraham Seneor,
pour l'informer qu'il se trouve actuellement en prison pour la
mort ("mitá") d'un garçon ("nahar")
que l'on a utilisé à la façon de cet homme
("otohays", euphémisme pour désigner Jésus-Christ).
Lors de la deuxième visite effectuée par les deux
hommes, Yucef ne fait plus aucune allusion à cette affaire.
Les déclarations ultérieures d'Yucef impliquent
d'autres Juifs et convertis. Le 27 août 1490, l'inquisiteur
général, Tomás de Torquemada, donne l'ordre
de transférer les prisonniers de Ségovie à
Avila pour y être jugé. Tous les prisonniers transférés
sont impliqués dans l'affaire: les conversos Alonso Franco,
Lope Franco, García Franco, Juan Franco, Juan de Ocaña
et Benito García tous habitant dans le même quartier
de La Guardia, le Juif Yucef Franco de Tembleque et le Juif Mose
Abenamías de Zamora. Les accusations portées sont
dans l'ordre: l'hérésie et l'apostasie, puis des
crimes contre la foi catholique.
Les inquisiteurs chargés du procès sont Pedro de
Villada (le même qui avait interrogé en juin 1490
le converti Benito García); Juan López de Cigales,
inquisiteur de Valence depuis 1487; et le frère Fernando
de Santo Domingo. Tous sont des hommes de confiance de Torquemada.
De plus, le frère Fernando de Santo Domingo avait écrit
auparavant le prologue d'un petit opuscule antisémite très
répandu. Le procès contre le Juif Yucef Franco commence
le 17 décembre 1490. Il est accusé d'avoir essayé
d'attirer au judaïsme des convertis, ainsi que d'avoir participé
à la crucifixion rituelle d'un enfant chrétien un
Vendredi Saint.
Avant le procès, les inquisiteurs ont déjà
obtenu les confessions de Benito García et d'Yucef Franco.
Selon Baer, "il semble que les accusés aient partiellement
confessé leurs fautes, en se chargeant les uns les autres,
sous la torture et contre la promesse fallacieuse, donnée
par l'Inquisition, de retrouver leur liberté. "
Quand l'accusation est lue au procès, Yucef Franco s'écrie
que c'est la "plus grande fausseté du monde".
Les confessions de cet inculpé, obtenues sous la torture
ont été conservées. Au début, il n'est
fait référence qu'aux conversations dans la prison
entre Yucef Franco et Benito García qui l'incriminent de
pratiques judaïsante, et ce n'est que par la suite qu'il
est fait mention de sorcellerie pratiquée environ quatre
années auparavant (en 1487, semble-t-il) et pour laquelle
auraient été utilisés une hostie consacrée,
volée dans l'église de La Guardia, et le cur d'un
enfant chrétien. Les déclarations suivantes d'Yucef
Franco donnent plus de détails sur le sujet, en incriminant
surtout Benito García. Les déclarations de ce dernier
ont aussi été conservées. Obtenues sous la
torture, elles sont en contradiction avec celle de Franco. Or
lors d'une confrontation réalisée entre Yucef Franco
et Benito García, le 12 octobre; il est indiqué
dans le protocole de la rencontre que les déclarations
sont concordantes, ce qui est surprenant, car les déclarations
antérieures étaient contradictoires
En octobre, l'un des inquisiteurs, frère Fernando de San
Esteban, se déplace à Salamanque et au couvent de
San Esteban où il a des entretiens avec quelques juristes
et théologiens experts, pour estimer la culpabilité
des accusés. Lors de la phase finale du procès,
les témoignages deviennent publics, et Yucef Franco essaye
sans succès de les réfuter. Les dernières
déclarations de Franco, obtenues en novembre sous la torture,
rajoutent de nombreux détails aux faits: selon Baer, la
plupart de ces détails trouvent clairement leur origine
dans la littérature antisémite.
Le 16 novembre, tous les inculpés sont remis au bras séculier
et brûlés au Brasero de la Dehesa (Bûcher du
Pâturage), à Avila. Huit personnes sont exécutées :
deux Juifs, Yucef Franco et Moshe Abenamias, et six convertis,
Alonso, Lope, Garcia et Jean Franco, Jean de Ocaña et Benito
García. Comme c'est la coutume, les sentences sont lues
dans le même autodafé. Celles de Yucef Franco et
de Benito García ont été conservées.
Les biens confisqués aux inculpés servent à
financer la construction du monastère de Saint Thomas d'Avila,
qui sera achevé le 3 août 1493.
La légende [modifier]
Dans le courant du XVIe siècle, la légende se répand
que la mort du Saint Enfant est semblable à celle du Christ,
et trouve même des similitudes entre la topographie du village
de Tolède où se seraient déroulés
les faits et la campagne autour de Jérusalem, où
le Christ est mort.
En 1569 Sancho Busto de Villegas, membre du Conseil Général
de l'Inquisition (la "Suprême") et gouverneur
de l'archevêché de Tolède (par la suite évêque
d'Avila) écrit, à partir des documents du procès,
conservés aux archives du tribunal de Valladolid, une "Relation
autorisée du martyre du Saint Innocent" qui sera déposée
aux archives municipales de la ville de La Guardia.
En 1583 est publiée "L'Histoire de la mort et le martyre
glorieux du Saint Innocent de La Guardia", uvre du frère
Rodrigo de Yepes. En 1720 une autre oeuvre hagiographique apparaît
à Madrid, "L'Histoire de l'Innocent trinitaire, le
Saint Enfant de la Guardia", oeuvre de Jacques Martínez
Abad, et en 1785, le prêtre d'une localité tolédane,
Martin Martínez Moreno publie son "Histoire du martyre
du Saint Enfant de la Guardia".
La légende se construit à partir de tous ces apports
successifs et consolide la thèse que certains conversos,
après avoir assisté à un autodafé
à Tolède, planifient de se venger des inquisiteurs
à l'aide de la sorcellerie. Pour faire leurs sortilèges,
ils ont besoin d'une hostie consacrée et du coeur d'un
enfant innocent. Juan Franco et Alonso Franco séquestrent
l'enfant près de la Puerta del Perdón (Porte du
Pardon) de la cathédrale de Tolède et le transportent
à La Guardia. Là, le jour du Vendredi Saint, ils
simulent un jugement. Toujours d'après la légende,
l'enfant se prénomme Cristóbal (Christophe) et dans
d'autres versions Juan (Jean), malgré le fait qu'aucun
cadavre n'est jamais été trouvé. Il serait
le fils d'Alonso de Pasamonte et de Juana la Guindera. Il est
alors fouetté, couronné d'épines et crucifié,
de la même façon que le Christ. Puis ils lui arrachent
le coeur dont ils ont besoin pour leurs sortilèges. Au
moment de la mort de l'enfant, sa mère, qui était
aveugle, recouvre miraculeusement la vue.
Après lui avoir donné une sépulture, les
assassins volent une hostie consacrée. Benito García
se rend à Zamora en emportant l'hostie et le cur, pour
obtenir l'aide d'autres coreligionnaires pour réaliser
ses sortilèges. Mais il est arrêté à
Avila à cause du rayonnement émis par l'hostie consacrée
que le conversos a cachée entre les pages d'un livre de
prières. Grâce à sa confession, les autres
complices du crime sont arrêtés. Après la
mort supposée du Saint Enfant, quelques guérisons
miraculeuses lui sont s'attribuées.
L'hostie consacrée est conservée au monastère
dominicain de Saint Thomas à Avila. Quant au cur et au
corps de l'enfant, ils auraient miraculeusement disparu, ce qui
laisse supposer que comme le Christ, l'enfant aurait ressuscité.
La légende dans l'art et dans la
littérature [modifier]
Yepes mentionne qu'un retable, aujourd'hui disparu, se trouvait
dans l'ermitage du Saint Enfant à La Guardia. Commandé
par l'archevêque de Tolède, Alonso de Fonseca, il
représentait les scènes de l'enlèvement,
de l'accusation, de la flagellation et de la crucifixion de l'enfant,
ainsi que celles de l'arrestation et de l'exécution de
ses assassins. Dans la partie centrale du retable, étaient
représentées la crucifixion et l'extraction du coeur
de l'enfant.
Une peinture de la deuxième moitié du XVIe siècle
illustrant les mêmes scènes est conservée
aux Archives Historiques Nationales de Madrid, et témoigne
de l'ancienneté du culte du Saint Enfant de La Guardia.
Dans l'entrée dénommée "du Mollete"
de la Cathédrale de Tolède, se trouve encore aujourd'hui
une fresque attribuée à Bayeu, représentant
la crucifixion du Saint Enfant de la Guardia. Malheureusement,
l'humidité et l'exposition aux intempéries ont favorisé
la dégradation de la peinture.
Lope de Vega a écrit une oeuvre intitulée "L'enfant
innocent de La Guardia" en s'inspirant de la légende
du Saint Enfant (très probablement de l'uvre du frère
Rodrigo de Yepes). Cette oeuvre, particulièrement cruelle
pour une pièce de théâtre du Siècle
d'or espagnol, montre dans son dernier acte, le martyre de l'enfant.
Elle a été imitée par José de Cañizares,
auteur de "Une image vivante du Christ: le Saint Enfant de
la Ville de la Guardia".
La mort du Saint Enfant de la Guardia a été utilisée
comme argument pour exiger la pureté du sang pour les aspirants
à entrer dans les ordres dans l'archidiocèse de
Tolède.
Voir aussi [modifier]
· Affaire de Tiszaeszlár
· Leo Frank
· Affaire Dreyfus
· Histoire des Juifs en Espagne
· Antisémitisme
· Accusation de crime rituel contre les Juifs
Références [modifier]
· (es) Cet article est partiellement ou en totalité
issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en espagnol
intitulé « Santo Niño de La Guardia »
· en: "History of Jews in Christian Spain"
de Yitzhak BAER. Editeur: Jewish Publication Society (octobre
1980) - ISBN-10: 082760338X - ISBN-13: 978-0827603387
· en: "The age of Torquemada" de John
Edward LONGHURST. Editeur: Coronado Press; 2nd édition
(1964) - ASIN: B0007DKDA2
· es: L'inquisition espagnole
· en: John Edward LONGHURST: "The ritual murder
of La Guardia"
· es: José María PERCEVAL,: "Un
crimen sin cadáver: el Santo Niño de la Guardia".
Historia 16, nº 202, p.44-58, febrero 1993.
Disponible sur Internet: [1]
Liens externes [modifier]
· es: Bulletin de la Real Academia de la Historia,
de 1887. Article décrivant les pièces conservées
du procès, y compris l'interrogatoire complet de Yuce Franco.
· es: Légende complète de "El
Santo Niño de La Guardia"
En 1840, un moine capucin italien, le
père Tommaso, disparaît sans laisser de traces. Le
consul de France à Damas accuse des Juifs de l'avoir assassiné
pour utiliser son sang à des fins rituelles, en l'occurrence
la confection de pains de la Pâque. Sept notables juifs
de Damas sont arrêtés et torturés.
James de Rothschild, consul honoraire d'Autriche à Paris,
s'empare de l'affaire, bientôt suivi par Moïse Montefiore,
sheriff de Londres et Adolphe Crémieux. Les puissances
occidentales se mobilisent alors pour les Juifs de Damas et font
pression sur le Sultan ottoman et le Pacha d'Égypte. Une
délégation composée de Moïse Montefiore,
Adolphe Crémieux et Salomon Munk, se rend en Égypte
pour obtenir de Mohamed Ali d'intercéder en faveur des
Juifs de Damas. Ceux-ci seront finalement libérés
en août 1840. Montefiore obtiendra par la suite du Sultan
Abdul Majid qu'il proclame un décret de protection des
Juifs de l'Empire ottoman contre les accusations de crimes rituels.
Bibliographie [modifier]
· Pierre Hebey, Les disparus de Damas, Gallimard
Liens externes [modifier]
· Article Damas Affair dans la Jewish Encyclopedia (en
anglais). Ci-dessous
DAMASCUS AFFAIR By : Gotthard Deutsch M. Franco
Accusation of ritual murder brought against
the Jews of Damascus in 1840. At that time Damascus, together
with Syria, belonged to Mohammed Ali, pasha of Egypt, who had
revolted against the authority of his suzerain, the sultan Ma?mud
of Constantinople. The governor of Damascus was an Egyptian Arab,
Sherif Pasha by name.
On Feb. 5, 1840, Father Thomas, originally from Sardinia, and
the superior of a Franciscan convent at Damascus, disappeared
with his servant. This monk, who practised medicine, was very
well known in the Jewish and Mohammedan quarters, as well as among
the Christians. Some days previous he had had a dispute with a
Turkish muleteer, who had heard him blaspheme Mohammed, whereupon
the Turk is reported to have said: "That dog of a Christian
shall die by my hand." Upon Thomas' disappearance the French
consul at Damascus, Ratti Menton, who was an enemy to the Jews,
following the advice of certain monks, instituted investigations
in the Jewish quarter; and the governor, Sherif Pasha, pretending
to act merely in accordance with the friendly relations existing
between the governments of Louis Philippe and Mohammed Ali, aided
the French consul in a culpable way. A confession was extorted
by torture from a Jewish barber named Negrin, and eight of the
most notable Jews, among them Joseph Lañado, Moses Abulafia,
and Far?i, were imprisoned and tortured. Their teeth and beards
were pulled out, they were burned, and finally tempted with gold,
to persuade them to confess an imaginary crime. Lañado,
a feeble old man, died under this treatment. Moses Abulafia became
a Mohammedan in order to escape the torture. In spite of the stoic
courage displayed by the sufferers, Sherif Pasha and Ratti Menton
agreed on the guilt of the accused in view of the words resembling
a confession that had escaped them in their agony. While Ratti
Menton published libels against the Jews in French and in Arabic,
Sherif Pasha wrote to his master, Mohammed Ali, demanding authorization
to execute the murderers of Father Thomas. In the mean time the
populace fell upon the synagogue in the suburb of Jobar, pillaged
it, and destroyed the scrolls of the Law.
The Jewish communities of Europe were appealed to, and public
meetings were held in London, Paris, and even New York and Philadelphia.
Especially important was a meeting called by the lord mayor of
London at the Mansion House, London, July 3, 1840. As a result
the lawyer Isaac Crémieux and the Orientalist Solomon Munk
from France, and Sir Moses Montefiore from England were sent as
mediators to Alexandria to plead with the khedive. They arrived
at Alexandria Aug. 4, and after repeated interviews with Mohammed
Ali, obtained from him, on Aug. 28, the unconditional release
and recognition of the innocence of the nine prisoners who still
remained alive of the thirteen imprisoned. They then went to Constantinople,
and obtained from the sultan Majid a firman declaring the accusation
of ritual murder to be absurd (see Blood Accusation). The
Austrian consul at Damascus, Merlatto, and the Austrian consul-general
at Alexandria defended the rights of the Jews during all the incidents
arising in this celebrated case. It was in part the Damascus affair
which suggested tosome French Jews later the idea of founding
the Alliance Israélite Universelle.
Bibliography: J. G. Lowenstein, Damassia,
1840;
Stimmen Berühmter Christen, 1841;
Persecution Contre les Juifs de Damas, Paris, 1840;
D. Salomons, An Account of the Recent Persecution of the Jews
at Damascus, London, 1840;
Persecution of the Jews in the East, Philadelphia, 1840;
Jost, Gesch. der Israeliten, xi. 345-381;
Copies of Letters Received from Sir Moses Montefiore, 3
issues, 1840;
Graetz, History of the Jews, v. 632-661.
L'affaire Mortara est nommée d'après Edgardo Mortara (1851 - 1940), un enfant juif de 6 ans, vivant à Bologne en Italie et qui fut enlevé par les autorités papales en 1858 de façon à être élevé au sein de la religion catholique. Cette affaire devint un scandale international et le catalyseur de profonds changements politiques. Son souvenir influe toujours sur les relations entre l'Église catholique et les organisations juives.
Les faits [modifier]
Le 23 juin 1858 à la nuit tombante, la police pontificale,
accompagnée de représentants des forces de l'ordre
de Bologne, fait irruption au domicile de la famille juive de
Salomon et Marina Mortara. Ils réveillent les huit garçons
et s'emparent d'Edgardo, six ans et dix mois, en annonçant
aux parents que l'enfant a été baptisé secrètement
par leur ancienne employée, Anna Morisi, lors d'une maladie.
Il ne peut donc rester dans une famille juive car, en grandissant,
il serait très probablement devenu Israëlite. Or,
ayant été au préalable baptisé, il
aurait donc été apostat, et donc promis de façon
certaine à l'Enfer, du point de vue catholique. Afin de
sauver son âme, l'Église avait alors le devoir moral
d'empêcher cette apostasie. L'enlèvement a été
orchestré par l'Inquisiteur Feletti, sur ordre de Rome,
c'est-à-dire de Pie IX.
Le petit Mortara est conduit immédiatement à Rome
et, au cours du voyage, est rebaptisé Pio. L'étrangeté
apparente de ce baptême vient que du fait même de
sa maladie, le jeune garçon avait seulement été
ondoyé et des rites restaient encore à accomplir:
l'ondoiement est en effet un baptême temporaire, réduit
à l'effusion d'eau, réservé aux cas d'urgence.
Canoniquement valide, il doit être si possible complété.
Impact international [modifier]
À cette époque, les juifs de Bologne connaissent
de nombreuses restrictions :
· ils n'ont pas de synagogue,
· ils vivent en de petits ghettos,
· il leur est interdit d'avoir des employés chrétiens.
La tragédie de la famille Mortara devient bientôt
une « affaire » internationale, mais ne
parvint jamais devant un tribunal impartial. Les Mortara accumulent
les preuves de vices de forme et de machination, font d'innombrables
tentatives pour rejoindre et récupérer leur fils,
reçoivent des appuis de nombreux pays d'Europe:
· Des princes et des souverains catholiques, le comte Cavour,
Napoléon III, François-Joseph d'Autriche écrivent
personnellement au pape, lui recommandant de ne pas défier
l'Europe,
· Guillaume, roi de Prusse, regrette auprès d'une
association juive de ne pouvoir intervenir de crainte qu'une intercession
protestante soit mal interprétée,
· La congrégation Juive de Sardaigne invoque l'aide
de divers gouvernements,
· De nombreux rabbins allemands conduits par Ludwig Philippson
envoient une pétition au pape,
· Les Juifs anglais tiennent des meetings, et Sir Moses
Montefiore porte à Rome leur pétition au pape pour
la libération de l'enfant.
· l'Alliance protestante,
· la société de la Réforme écossaise,
· l'Alliance chrétienne universelle.
Rien ne vient infléchir la décision de Rome qui,
au contraire, multiplie les obstacles et les fins de non recevoir.
La création de l'alliance israélite universelle,
en 1860, sera en partie lié à l'affaire Mortara.
L'alliance participera également aux tentatives pour faire
rendre le jeune Mortara à sa famille.
En 1867, à seize ans, Pio Mortara est ordonné
prêtre malgré la promesse du cardinal Antonelli à
Sir Moses Montefiore de laisser la liberté de choix au
jeune homme à ses dix-sept ans. En 1870, il prêche
au Ier concile cuménique du Vatican. Il est envoyé
comme missionnaire dans de nombreuses villes d'Allemagne :
Mayence, Breslau ; il prêchera aussi à New York.
Son père meurt en 1871, après avoir été
la cible du parti clérical, et faussement accusé
d'avoir jeté une servante par la fenêtre ; après
quelques mois de prison, il sera disculpé. En 1878, enfin,
sa mère le rencontre à Paris et il tente de la convertir
au catholicisme... Sa mère meurt en Suisse en 1895, et
Pio assiste aux funérailles. Il meurt près de Liège,
en 1940.
Les enlèvements d'enfants non-chrétiens trouvent
leur source dans les décisions du 4ème concile de
Tolède en 633, dont le Corpus juris canonici reconnaissait
à l'Église le droit d'arracher à des familles
non chrétiennes des enfants oblats, offerts à
l'Église en état d'inconscience invitis parentibus,
c'est-à-dire sans l'accord explicite des parents ;
il suffisait qu'un chrétien affirmât les avoir baptisés.
Ceci a entrainé à travers les siècles de
nombreux rapts d'enfants juifs ou de familles infidèles.
Lorsqu'en 1775, Léon XII (1760-1829) confirme l'édit
sur les Juifs, une série d'enlèvements se produisent :
· 1824 : Davide di Anselmo Tedeschi à Gênes
· 1826 : le petit Diena à Modène
· 1844 : Emilia à Reggio di Calabria
· et encore d'autres à Lugo et à Ancône.
L'affaire Mortara n'est donc pas la première du genre.
L'émotion internationale soulevée montre cependant
que l'évolution des sociétés européennes
rendait ces comportements anciens de plus en plus inacceptables.
De fait, la pratique des enlèvements d'enfants non-chrétiens
devient de plus en plus rare, même si l'affaire Finaly (en
France)1, à la fin de la seconde guerre mondiale, montre
qu'elle restera longtemps considérée comme acceptable
par une partie du clergé et de l'opinion catholique.
Si la position du pape fut critiquée, elle eut aussi ses
soutiens. Le journaliste Louis Veuillot justifia ainsi avec violence,
dans sa feuille l'Univers, qui soutient le parti clérical,
l'attitude du Vatican. Il accusera les journaux qui défendent
l'opinion contraire à la sienne d'être à la
solde des juifs et les désignera comme étant la
« presse juive » (c'est-à-dire au
service des juifs). Ces articles constituent une des premières
manifestations de l'antisémitisme moderne.
L'affaire Mortara s'est trouvée remise sous les feux de
l'actualité lors de la béatification du pape Pie
IX en 2000.
Articles connexes [modifier]
· antisémitisme, Affaire Dreyfus
· crise moderniste
· L'Affaire Finaly
Lire aussi [modifier]
· Riccardo Calimani, L'errance Juive], Denoël :
...le lointain IVe concile de Tolède de 633 avait, après
en avoir débattu, inscrit dans le Corpus juris canonici
le droit de l'Église à arracher à des familles
non chrétiennes les enfants "oblats", offerts
à l'Église en état d'inconscience invitis
parentibus, c'est-à-dire sans l'accord explicite des parents ;
il suffisait qu'un étranger affirmât les avoir baptisés.
Naturellement, I'Église ne manqua pas de discuter de cette
question, avec des interprétations tantôt extensives,
tantôt restrictives. Martin V avait fixé la limite
d'âge à douze ans ; quant à Boniface
VIII, tout en désapprouvant les baptêmes par traîtrise
d'enfants juifs...
Références [modifier]
1. ? Les enfants Finaly on été confiés à
une catholique pendant la seconde guerre mondiale, qui les a fait
baptiser de sa propre initiative. En 1945, elle refuse de les
rendre à leur famille survivante. Il faudra plusieurs années
de procès et une enlèvement en Espagne franquiste
avant que les enfants Finally soient rendus à leur famille,
dans les années 1950. On verra s'affronter une partie du
clergé et de l'opinion catholique aux institutions françaises
et à l'opinion publique laïque.
Affaire de Tiszaeszlár
En 1882 1883, des Juifs sont accusés à tort et jugés pour un crime rituel à Tiszaeszlár en Hongrie, entraînant dans le pays une violente agitation antisémite.
Origine de l'accusation [modifier]
Gyözö Istóczy: fondateur
du Parti Antisémite Hongrois
Le 1er avril 1882, Eszter Solymosi, une jeune paysanne chrétienne
de 14 ans, employée comme servante chez András Huri
à Tiszaeszlár, un village hongrois situé
sur la rivière Tisza, est envoyée faire des courses.
Elle ne reviendra jamais.
Après des recherches infructueuses,
une rumeur circule que la jeune fille a été victime
du fanatisme religieux juif. Géza Ónody, représentant
de Tiszaeszlár au Parlement Hongrois et Gy?z? Istóczy,
un parlementaire qui fondera par la suite le "Parti Antisémite",
demandent à la Chambre des Députés, l'expulsion
des Juifs de Hongrie. Des agitateurs excitent le peuple contre
les habitants juifs provoquant ainsi de nombreux actes de violence
et des pogroms. Ils répandent l'accusation que les Juifs
ont tué la jeune fille afin de récupérer
son sang pour la préparation du pain azyme à l'approche
de la Paque Juive qui débute le 4 avril.
Le 4 mai 1882, la mère de la fille accuse devant le juge
local les Juifs d'avoir tué sa fille et le presse de procéder
à une investigation.
"Confessions" des enfants Scharf
[modifier]
Le 19 mai, le tribunal du comté de Nyíregyháza
envoie l'officier de justice József Bary comme juge d'instruction
à Tiszaeszlár.
Après avoir placé les Juifs suspectés sous
surveillance policière, Bary commence par interroger Sámuel,
le fils âgé de cinq ans de József Scharf,
le bedeau de la synagogue. Après l'avoir amadoué
avec quelques menues pièces de monnaie et des bonbons,
quelques femmes réussissent à obtenir de lui qu'il
reconnaisse que son père avait fait venir Eszter dans sa
maison, et que le "shohet" (l'abatteur rituel) lui avait
coupé la tête. D'après le récit de
l'enfant transcrit par Bary, l'abatteur avait, en présence
de son père et d'autres hommes, fait une incision dans
le cou de la fille, tandis que lui et son frère Móric
avait reçu le sang dans une coupe.
Son père, son frère Móric, qui a près
de 14 ans ainsi que toutes les autres personnes suspectées
nient toute implication dans la disparition de la fille et son
assassinat présumé. Le 19 mai 1882, Scharf et sa
femme sont arrêtés.
Móric répète sa déposition et ajoute
qu'il n'avait pas eu connaissance de la disparition de la fille,
même par ouï-dire. Dans la soirée, il est remis
à Recsky, le commissaire chargé de la sécurité,
qui l'emmène dans sa villa à Nagyfalu, où
le greffier, Péczely, reçoit comme instruction officielle
de veiller à la sécurité du garçon.
En réalité, il semble que Péczely, un géant
qui a passé 12 ans en prison pour meurtre, a reçu
comme véritable instruction de Recsky de faire de Móric
l'instrument d'une accusation classique de crime rituel.
Comme les dénonciations transcrites d'un enfant de cinq
ans n'ont aucune valeur devant une cour, il est important de faire
"craquer" son frère. Intimidé, harcelé,
malmené, Móric finit par confesser qu'après
l'office du samedi matin, son père avait fait venir Eszter
dans sa maison sous le prétexte de lui demander de retirer
quelques bougies (un acte interdit aux Juifs pieux le Chabbat);
qu'un mendiant juif, Hermann Wollner, qui loge chez eux avait
conduit la fille dans le vestibule de la synagogue et l'avait
agressée; et qu'après l'avoir dévêtue,
deux abatteurs, Ábrahám Buxbaum et Leopold Braun,
l'avaient maintenue, tandis qu'un autre abatteur Salamon Schwarz,
avait incisé son cou avec un grand couteau et avait vidé
son sang dans une coupe. Ces trois hommes, candidats au poste
vacant de précepteur et de shohet, étaient arrivés
à Tiszaeszlár pour officier en ce shabbat particulier
et d'après l'enfant étaient restés dans la
synagogue après l'office du matin. D'après sa confession,
Móric aurait observé toute la scène, en épiant
par le trou de serrure de la porte de la synagogue. Pendant les
45 minutes durant lesquelles il aurait regardé, il aurait
aussi vu qu'après avoir saigné la jeune fille, Sámuel
Lustig, Ábrahám Braun, Lázár Weisstein,
et Adolf Jünger lui aurait mis un foulard autour du cou et
l'aurai rhabillée.
Les deux conspirateurs, Recsky et Péczely appellent immédiatement
le juge d'instruction Bary, devant lequel la même nuit,
Móric recommence son récit, ajoutant qu'après
le départ des abatteurs, il avait fermé la synagogue
à clef.
Mais malgré les fouilles minutieuses organisées
par Bary, aucun corps ni aucune trace de sang ne sont trouvés
dans la synagogue, ni dans les maisons des Juifs suspectés,
ni parmi les tombes du cimetière juif. Cependant douze
Juifs sont arrêtés en suspicion et le jeune Móric
Scharf et remis au geôlier.
Le 18 juin, un corps est retiré de la rivière Yisza
près du village de Dada. Le médecin légiste
déclare que le corps est celui d'une jeune fille d'environ
14 ans et beaucoup de témoins malgré l'état
de décomposition avancée reconnaissent la jeune
Eszter Solymosi. Sa mère refuse catégoriquement
de reconnaître le corps de sa fille, mais ensuite identifie
les habits portés par la morte comme étant ceux
de sa fille. Un comité d'experts composé de deux
médecins et d'un chirurgien déclare que le corps
est celui d'une fille de 18 à 20 ans qui s'est noyée
huit à dix jours auparavant. Le corps est enterré
au cimetière catholique de Tiszaeszlár.
Les agitateurs antisémites, avec parmi eux le prêtre
catholique de la ville, insinuent que le corps a été
"trafiqué" par les Juifs et habillé avec
les habits d'Eszter Solymosi afin de dissimuler le crime de meurtre
rituel. Les artisans qui trouvèrent le corps sont conduits
sous la menace à retirer leur première déposition
et à déclarer qu'ils ont eux-mêmes mis le
corps dans la rivière après qu'une juive inconnue
leur eut demandé de vêtir la morte avec les habits
qu'elle avait apportés
De nouvelles arrestations sont opérées, et l'affaire
devient maintenant une cause nationale.
Les accusations formelles [modifier]
Le 29 juillet des accusations formelles sont portées à
l'encontre des 15 personnes suivantes: Salamon Schwarz, Ábrahám
Buxbaum, Leopold Braun, et Hermann Wollner pour meurtre. József
Scharf, Adolf Jünger, Ábrahám Braun, Sámuel
Lustig, Lázár Weisstein, et Emánuel Taub
pour assistance volontaire à un crime; Anselm Vogel, Jankel
Smilovics, David Hersko, Martin Gross, et Ignác Klein pour
complicité de crime et dissimulation de corps.
Le journaliste et député
Károly Eötvös, défenseur des accusés
Le retard apporté à l'affaire est principalement
dû aux actes reconnus arbitraires et illégaux de
Bary qui a conduit les interrogatoires seul sans l'assistance
d'un procureur, a rédigé les procès-verbaux
sans témoin et a torturé les accusés et les
suspects.
Par ordre du gouvernement, le jeune Móric Scharf est placé
sous le contrôle de l'huissier de justice du district qui
le place en détention préventive chez le gardien
Henter. Il lui est interdit de communiquer avec les autres inculpés
et les autres Juifs. Il est ainsi entièrement sous l'influence
de leurs adversaires et reçoit des instructions pour le
témoignage qu'il doit faire lors du procès.
Les accusés sont défendus par Károly Eötvös,
un journaliste et membre de la Chambre des Députés,
associé aux avocats B. Friedmann, Sándor Funták,
Max Székely de Budapest, et Ignác Heumann de Nyíregyháza,
le siège du tribunal correctionnel où est jugé
l'affaire.
Dans une requête adressée au Ministre de la Justice
Pauler, Eötvös proteste contre les tortures pratiquées
par Bary, Recsky, et Péczely, mais sa protestation ne produit
aucun effet. L'affaire ayant traîné trop en longueur,
le procureur du Roi à Budapest, Kozma, se rend à
Nyíregyháza en septembre pour accélérer
l'instruction.
Protestation de Lajos Kossuth [modifier]
La lenteur de l'instruction attire l'attention générale.
Le pays est gravement agité. Un grand nombre de pamphlets
attise les passions du peuple et essayent d'établir la
culpabilité des accusés.
Lajos Kossuth dénonçe avec
vigueur la campagne antisémite
Lajos Kossuth, qui vit alors en exil à Turin, fait entendre
alors sa voix puissante pour critiquer sévèrement
l'action des autorités et pour désapprouver cet
embrasement de préjugés anti-Juifs. Il considère
que la suspicion de crime rituel est un déshonneur pour
la Hongrie; de représenter un meurtre, aussi abominable
soit-il, commis par un individu, comme un crime rituel ou un crime
racial, n'est pas digne d'une civilisation moderne. Ce cri d'indignation
d'un patriote vétéran contraste étrangement
avec la furie de persécution et de préjugés
qui fait rage à travers le pays et qui se répercute
à la Chambre des Députés.
Le procureur général Havas se rend alors à
Nyíregyháza, et constate qu'en dépit de la
déclaration officielle du juge d'instruction, les accusés
n'ont jamais été entendus. Il relâche quelques
prisonniers, mais réalisant que son travail pour accélérer
l'affaire est entravé par des personnes influentes, il
offre sa démission qui est promptement acceptée
Exhumation du corps d'Eszter [modifier]
Vers la mi-novembre, la femme de József Scharf est libérée,
tandis que son mari et les autres prisonniers restent détenus.
Le 7 décembre, à la demande des avocats de la défense,
le corps retrouvé dans la Tisza est exhumé et réexaminé
par trois professeurs de médecine de l'Université
de Budapest: Schenthauer, Belky, et Mihalkovics. Ils trouvent
que l'opinion émise par les membres du comité précédent
n'est basée sur aucune base scientifique et plus tard lors
du procès, ils les taxeront de grave ignorance. Le corps
est en état trop avancé de décomposition
pour permettre un jugement catégorique. Le fait que le
corps n'ait jamais été réclamé ne
laisse que peu de doute dans leur opinion que c'est bien celui
d'Eszter Solymosi. En plus, ils constatent que la gorge n'a pas
été tranchée et qu'un crime rituel n'a pas
été commis
Le 17 juin 1883, le dernier acte de cette sinistre affaire se
déroule devant la cour de Nyíregyháza. Le
juge Ferenc Korniss préside avec Eduard Szeyffert comme
procureur d'État. Bien que le témoignage de Móric
Scharf soit la seule base de l'accusation, la cour va tenir 30
sessions pour examiner l'affaire dans tous ses détails,
et entendre de nombreux témoins. Les contradictions flagrantes
du garçon, en dépit des instructions qu'il a reçues,
et la fausseté de ses accusations par rapport à
l'inspection de la scène supposée du crime effectuée
par la cour à Tiszaeszlár le 16 juillet, conduisent
le 3 août, à l'acquittement unanime des accusés
Szalay, l'avocat de la veuve Solymosi, dans un discours plein
d'invectives hideuses, fait appel de la décision, mais
la cour suprême rejette l'appel et confirme le verdict du
tribunal correctionnel
Le jeune accusateur qui avait été conditionné
pour renier sa foi et ses parents, retourne chez ses parents qui
l'accueillent joyeusement
Acquittement des accusés [modifier]
Le verdict de l'acquittement et la libération des prisonniers,
qui pour la plupart avaient langui 15 mois en prison, sont le
signal de soulèvements à Presbourg (Bratislava),
Budapest, et dans d'autres villes de Hongrie. Les spectateurs
qui se pressaient dans le tribunal pendant les sessions, se conduisent
scandaleusement à l'annonce du verdict, en insultant les
prisonniers, en menaçant les témoins et les avocats
de la défense et en vociférant des cris de haine.
Parmi eux, et loin d'être le moins actif, Onody, le représentant
de Tiszaeszlár à la Chambre des Députés.
Voir aussi [modifier]
· Leo Frank
· Affaire Beilis
· Affaire Hilsner
· Affaire Dreyfus
· Histoire des Juifs en Hongrie
· Antisémitisme
· Accusation de crime rituel contre les Juifs
Références [modifier]
· (en) Cet article est partiellement ou en totalité
issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais
intitulé « Tiszaeszlár blood libel »
· en: JewishEncyclopedia
· de: Bibliography: Allg. Zeit. des Jud. 1882-83,
1884, p. 248;
· de: Die Neuzeit, 1882-83;
· de: Der Blutprozess von Tisza-Eszlar, New York,
1883;
· de: Paul Nathan, Der Prozess von Tisza-Eszlar,
Berlin, 1892.S. S. Man.
· hu: Eötvös Károly: A nagy per,
Budapest, 1904.
· hu: Krúdy Gyula: A tiszaeszlári
Solymosi Eszter, Budapest, 1975. (2nd ed.)
L'Affaire Hilsner aussi connue sous le nom de l'Affaire de Polna, est une accusation de meurtre rituel contre un Juif nommé Leopold Hisner en Bohême en 1899 et 1900. Cette affaire eu à l'époque un grand retentissement et conduisit à une vague d'agitations antisémites.
Le meurtre [modifier]
Ane?ka Hr?zová, une jeune catholique tchèque de
19 ans, vivant à Klein Veznic (maintenant: V??ni?ka), un
village situé à trois kilomètres de Polná,
et se rendant tous les jours dans cette ville pour y travailler
comme couturière, quitte son poste de travail le 29 mars
1899 dans l'après-midi, et ne sera jamais revue vivante.
Trois jours plus tard, le 1er avril, son corps est retrouvé
dans une forêt, la gorge tranchée et ses vêtements
déchirés. Non loin, on trouve une mare de sang,
quelques cailloux maculés de sang, une partie de ses vêtements
et une corde avec laquelle elle a été soit étranglée,
soit tirée après son assassinat jusqu'à l'endroit
où le corps a été découvert.
L'accusation de Leopold Hisner [modifier]
Les soupçons de la police se portent tout d'abord sur quatre
vagabonds qui ont été aperçus dans le voisinage
de la forêt l'après-midi du jour où le meurtre
est supposé avoir été commis. Parmi eux se
trouve Leopold Hilsner, un Juif de 23 ans, simple d'esprit et
qui a été vagabond toute sa vie. Les soupçons
se focalisent sur lui, car il a été vu souvent se
promener dans la forêt près du lieu où le
corps a été retrouvé. Une perquisition chez
lui ne montre rien de suspect. Il affirme avoir quitté
le bois l'après-midi du crime longtemps avant l'heure supposée
du crime, mais il ne peut fournir aucun alibi vérifiable.
Hilsner est donc arrêté et jugé à Kuttenberg
(maintenant: Kutná Hora) du 12 au 16 septembre. Il nie
toute connaissance du crime. Le seul objet qui peut être
utilisé comme preuve contre lui, est un pantalon sur lequel
quelques taches ont été trouvées, et qui
selon le témoignage d'experts chimistes pourraient être
des taches de sang que l'on aurait essayé de faire disparaître
en lavant le pantalon. Un témoin à charge, Peter
Peschak, déclare avoir vu Hilsner, à une distance
d'environ 600 mètres, accompagné de deux Juifs inconnus,
le jour du meurtre, à l'endroit où le corps a été
retrouvé. Un autre témoin affirme l'avoir vu sortir
du bois l'après-midi du 29 mars et avoir remarqué
qu'il était particulièrement agité. . Le
procureur, ainsi que Karel Baxa, l'avocat de la famille Hr?za
font de claires suggestions de crime rituel. Certaines dépositions
prouvent que si Hilsner est peut-être impliqué dans
le meurtre, il est en tous cas trop faible pour l'avoir commis
tout seul. Malgré cela, il est condamné à
mort, tandis que ses complices supposés restent inconnus
et que rien n'est alors fait pour les rechercher.
La "Confession" [modifier]
Sur la base de points techniques, Tomá? Masaryk, professeur
à l'Université Charles de Prague et futur président
de la Tchécoslovaquie, interjette appel auprès de
la cour suprême. Celle-ci ordonne qu'un nouveau procès
se déroule à Písek afin d'éviter une
intimidation du jury et que le procès puisse avoir lieu
sans être influencé par l'agitation politique.
Le 20 septembre, quelques jours après le premier procès,
Hilsner est effrayé par ses codétenus qui, lui montrant
quelques charpentiers travaillant dans la cour de la prison, lui
disent que ceux-ci sont en train de construire son gibet. Ils
le persuadent de donner les noms de ses complices en lui promettant
qu'ainsi sa peine serait commuée. Hilsner implique alors
Joshua Erbmann et Solomon Wassermann comme ceux qui l'ont aidé.
Amené devant le juge le 29 septembre, il déclare
que tout ceci est faux. Le 7 octobre cependant, il réitère
ses accusations, mais de nouveau le 20 novembre, il se rétracte.
Heureusement pour ceux qu'il accuse, ils sont capables de fournir
des alibis vérifiables, l'un se trouvant même en
prison le jour du meurtre, et l'autre dans un asile pour pauvres
en Moravie, ils ne pouvaient matériellement pas être
présents ce jour là à Polná.
L'agitation antisémite [modifier]
Pendant ce temps, des agitateurs antisémites essayent de
monter la population contre les Juifs et plus particulièrement
contre Hilsner. En particulier, le journal Deutsches Volksblatt
de Vienne, envoie un reporter spécial effectuer des investigations.
Le Vaterland, le principal organe de l'église, réitère
les accusations de meurtre rituel. Dans plusieurs régions,
des manifestations parfois violentes ont lieu contre les Juifs,
comme à Holleschau (maintenant: Hole?ov) et à Nachod.
Un grand meeting de protestation organisé le 7 octobre
par la communauté juive de Vienne ainsi qu'un appel direct
au premier ministre ne réussissent pas à calmer
l'agitation. La condamnation à quatre mois de prison le
11 décembre d'August Schreiber, un des éditeurs
du Deutsches Volksblatt pour diffamation envers les Juifs ne fait
au contraire qu'aggraver la tension. Des discours violents contre
les Juifs sont prononcés le 12 décembre au Reichsrath
et le Dr. Baxa, l'avocat de la famille Hruza, dans un discours
devant la Diète de Bohême le 28 décembre accuse
le gouvernement d'impartialité en faveur des Juifs.
Le deuxième procès [modifier]
Entre-temps, Hilsner est accusé d'un autre meurtre. Marie
Klímová, une servante, avait disparu le 17 juillet
1898, et le corps d'une femme avait été retrouvé
le 27 octobre dans la même forêt où l'on avait
retrouvé le corps de Ane?ka Hr?zová. Le corps avait
été identifié avec une grande probabilité
comme étant celui de la jeune servante. Le corps étant
en état de décomposition avancée, il avait
même été impossible de connaître la
cause de la mort et si un crime avait été commis.
Hilsner est jugé aussi pour ce second crime à Písek
du 25 octobre au 14 novembre 1900. Les témoins lors de
ce procès sont plus explicites dans leurs dépositions.
Ceux qui lors du premier procès avaient affirmé
avoir vu Hilsner en possession d'un couteau, affirment maintenant
que le couteau était un couteau similaire à ceux
utilisés pour les abattages rituels. Les Juifs étrangers
que les témoins avaient vus en compagnie de Hilsner sont
cette fois ci décrits avec une grande précision.
Quand on fait remarquer aux témoins que leur témoignage
diffère sensiblement de celui donné lors du premier
procès, ils affirment qu'ils étaient intimidés
par le juge ou que leur témoignage n'avait pas été
correctement consigné.
Le 14 novembre, le verdict est prononcé et Hilsner est
déclaré coupable du meurtre de Ane?ka Hr?zová
ainsi que de celui de Marie Klímová. Il est condamné
à la peine de mort, mais la sentence est commuée
le 11 juin 1901, par l'empereur en prison à vie. La sentence
est commuée sur la base d'une grâce impériale,
bien que de nombreuses demandes pour un nouveau procès
soient refusées. Peu de temps avant la fin de la Première
Guerre mondiale, le 24 mars 1918, Hilsner est gracié par
l'empereur Charles Ier d'Autriche.
Il passera le restant de sa vie à Velké Mezi?í?í,
Prague et Vienne où il meurt le 9 janvier 1928 à
l'age de 52 ans.
Il n'a jamais pu être établi si Hilsner était
ou pas complice du meurtre de Ane?ka Hr?zová ou si la thèse
développée par Masaryk, que la jeune Ane?ka Hr?zová
n'a pas été tuée là où le corps
a été découvert et qu'elle a plus que probablement
été victime d'une querelle familiale était
fondée.
Voir aussi [modifier]
· Affaire de Tiszaeszlár
· Affaire Beilis
· Accusation de crime rituel contre les Juifs
· Affaire Dreyfus
Références [modifier]
· (en) Cet article est partiellement ou en totalité
issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais
intitulé « Hilsner Affair »
· Cet article comprend du texte provenant de la Jewish
Encyclopedia de 19011906, une publication tombée dans
le domaine public.
Liens externes [modifier]
· (en): Info sur la page web du Musée Juif
de Prague
Menahem Mendel Beilis; (1874-1934) est un Juif ukrainien accusé en 1913, lors d'un procès inique, d'avoir commis un crime rituel. Ce procès déclenche une vague de critiques contre la politique antisémite de l'Empire Russe.
Menahem Mendel Beilis est né dans
une famille juive pieuse, mais lui-même n'a que peu de connaissance
religieuse et travaille régulièrement le Chabbat
ainsi que les jours de fêtes à l'exception de Roch
Hachana et de Yom Kippour. En 1911, Beilis, un ancien soldat et
père de cinq enfants, est employé comme superintendant
dans la fabrique de briques Zaitsev à Kiev.
Le 12 mars 1911, un jeune garçon ukrainien de treize ans,
Andrei Yushchinsky disparaît sur le chemin de l'école.
Huit jours plus tard, son corps mutilé est découvert
dans une grotte près de la fabrique de briques.
Période d'attente du procès (1911-1913) [modifier]
Beilis arrêté par la police
tsariste
Beilis est arrêté le 21 juillet 1911, après
qu'un allumeur de réverbères ait attesté
que le garçon a été kidnappé par un
Juif. Un rapport soumis au Tsar Nicolas II par les autorités
judiciaires affirme que Beilis est le meurtrier de Yushchinsky.
Menahem Beilis passe plus de deux ans en prison dans l'attente
de son procès. Pendant ce temps, une campagne antisémite
malveillante est lancée par la presse russe contre la communauté
juive, avec accusation de crime rituel.
De nombreux intellectuels russes écrivent pour dénoncer
cette campagne et les fausses accusations contre les Juifs. Parmi
eux: Maxime Gorki, Vladimir Korolenko, Alexander Blok, Alexander
Kuprin, Vladimir Vernadsky, Mykhailo Hrushevsky, Pavel Milyukov,
Alexander Koni.
Le procès [modifier]
Le procès a lieu à Kiev du 25 septembre au 28 octobre
1913. Le procureur général A.I. Vipper fait une
déclaration ouvertement antisémite dans son discours
de clôture.
L'accusation est composée des meilleurs juristes du gouvernement.
Un des témoins de l'accusation, présenté
comme un expert religieux dans les rituels juifs est le prêtre
catholique Justinas Pranaitis, venu spécialement de la
ville lointaine de Tashkent. Il a du être appelé
en raison de son livre de 1892 "Le Talmud démasqué",
imprimé avec l'imprimatur de l'Archevêque Métropolitain
de Moguilev, et dont les nombreuses inexactitudes sont toujours
citées de nos jours par les antisémites. Pranaitis
atteste que le meurtre de Yushchinsky est un rituel religieux,
associant le meurtre de Yushchinsky à un sacrifice, une
imposture admise par de nombreux russes de cette époque.
Un autre témoin, présenté comme expert, est
le professeur Sikorski de l'Université de Kiev, un psychologue
médical qui considère aussi le cas comme un meurtre
rituel.
Un tract antisémite distribué
à Kiev avant le procès de Beilis, recommandant aux
parents chrétiens de veiller sur leurs enfants durant la
Pâques Juive.
Grâce au concours de la communauté juive, Beilis
est représenté par les plus fameux avocats de Moscou,
de Saint-Pétersbourg , et de Kiev: Vasily Maklakov, Oscar
Grusenberg, N. Karabchevsky, A. Zarundy, and D. Grigorovitch-Barsky.
Deux éminents professeurs russes Troitsky et Kokovtzov,
parlent au nom de la défense et font l'éloge des
valeurs juives et démontent les contrevérités
de l'accusation, tandis que le philosophe Alexander Glagolev,
Chrétien Orthodoxe, professeur au Séminaire Théologique
de Kiev, affirme que "la loi de Moïse interdit de répandre
du sang humain et l'usage du sang dans l'alimentation cacher".
L'allumeur de réverbères, sur le témoignage
duquel repose toute l'accusation de Beilis, avoue avoir été
embrouillé par l'Okhrana, la police secrète.
Après une délibération qui dure plusieurs
heures, le jury, composé uniquement de chrétiens,
acquitte Beilis. Parmi le jury, il n'y a aucun représentant
de l'intelligentsia.
La presse libérale révèle alors que dès
le début de l'enquête, la police avait réussi
à déterminer que le matin de sa disparition, Andrei
Yushchinsky avait décidé de sécher l'école
et de rendre visite à son ami, Zhenya Cheberyak. La mère
de Zhenia est parfaitement connue de la police comme faisant partie
d'une bande de voleurs en tant que receleuse et avait très
rapidement été soupçonnée du meurtre.
Après le procès [modifier]
Le procès Beilis est suivi dans le monde entier et les
polices russes sont sévèrement critiquées.
L'affaire Beilis est souvent comparée à l'affaire
Leo Frank où un Juif américain, directeur d'une
fabrique de crayons d'Atlanta est accusé du viol et de
l'assassinat de la jeune Mary Phagan de douze ans et lynché
en 1915, par la foule après que sa sentence ait été
commuée en prison à vie.
Après sa relâche, Beilis et sa famille quittent la
Russie pour la Palestine, alors province de l'Empire ottoman.
En 1920, il s'installe aux États-Unis où il meurt
en 1934.
Influence [modifier]
Bernard Malamud écrit un livre "L'Homme de Kiev"
(en anglais: "The Fixer") sur ces événements
dont John Frankenheimer tire en 1968 le film éponyme "L'Homme
de Kiev, avec Alan Bates et Dirk Bogarde.
Références [modifier]
· (fr): Mendel Beilis, L'Affaire Beilis, Kiev 1911-1913,
traduit par Elsa Boussiba, éd. Raphaël 1994, ISBN
2-87781-031-3
· (en): ISBN 1-56062-166-4 Scapegoat on Trial: The
Story of Mendel Beilis - The autobiography.
· (en): ISBN 0-87668-179-8 The Beilis Transcripts.
The Anti-Semitic Trial that Shook the World. by Ezekiel Leikin
· (en): ISBN 5-7349-0016-8 The Beilis Case. Modern
Research and Documents.
Liens externes [modifier]
· (en): L'affaire Beilis
· (en): Une accusation gouvernementale de crime
rituel: l'affaire Beilis (Beyond the Pale - friends-partners.org)
· (ru): Plaidoirie de l'avocat de la défense
V.A. Maklakov
· (ru): Articles and Appel au Peuple Russe par Vladimir
Korolenko
· (ru): Rapport sténographique du procès.
Volumes 1-3
· (ru): ??????, ??????? ??????? in The Shorter Jewish
Encyclopaedia, Jérusalem. 1976-2005
· (ru): L'affaire Beilis: vérité et
mythe by Feliks Levitas, Mikhail Frenkel (Jewish Observer, Jewish
Confederation of Ukraine) April 12, 2006