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NON AU RACISME

NON À LA VIOLENCE

NON AUX NÉGATIONNISMES

NON À L'IGNORANCE

OUI AU SAVOIR ET À L'ÉTUDE

 

 

 

 

LES ANTISÉMITES ONT-ILS RAISON ?

 

Les ouvrages et les articles sont classés par ordre alphabétique d'auteurs

 

CRIMES RITUELS
(BLOOD LIBEL)

 

HISTOIRES DE CRIMES RITUELS

 

La publication en Italien en janvier 2007, du livre de l'historien Ariel Toaff, l'énorme scandale qui a suivi, la pression de l'université israélienne où il enseigne depuis près de 30 ans, et le retrait du livre des librairies, ont fait franchir un seuil à la réflexion sur l'affaire dite des crimes rituels (accusa di sangue en italien et blood libel en anglais, ritualmord en allemand. On notera qu'aucun de ces terme ne se traduit exactement dans les autres langues). C'est une affaire qui traîne depuis des siècles. D'après TOUTES les sources juives, et elles sont nombreuses, c'est une affaire sans fondement. Les récits de meurtres rituels seraient purement imaginaires, les aveux extorqués sous la trorture, les condamnations injustes. Ainsi, au cours des siècles, les juifs seraient la seule communauté au monde qui n'ait jamais abrité de pédophile criminel et qui serait toujours innocente de tout.

Comme on dit anglais, nous demandons à exprimer un désaccord. Le nombre d'affaires de crimes rituels concernant des juifs ne dépasse pas la centaine sur huit siècles. Il n'y a pas de raison de penser qu'elles seraient toutes sans fondement. Les tenants du judaïsme poussent les hauts cris en disant que le sang est exclu de tous les rituels juifs et que par conséquent il n'a pas pu y a voir de meurtre motivé par le besoin et l'usage du sang d'un chrétien. Or cette affirmation est extrêmement douteuse, ainsi que le montrent nombre d'études détaillées des traditions juives d'avant l'époque moderne.

N'allons pas plus loin. Nous n'avons, nous, à la rédaction de l'UUURGH, aucune conviction pré-établie sur ce sujet. Nous ne sommes pas en mesure de confirmer l'existence ou l'inexistence de ces crimes. Nous ne savons pas s'ils doivent tous être rangés dans une même catégorie. Mais nous sommes étonnés de voir que tant de publicistes se prononcent sans connaître les dossiers. Il est évident que l'accusation gêne certains milieux qui veulent disqualifier a priori toute réflexion sur le sujet. Nous avons accepté trop longtemps que le monde juif, dans sa diversité, interdise toute enquête. La secousse salutaire est venue de Toaff, juif de tradition rabbinique, historien d'un immense courage, qui a cherché à baliser le chemin. Nous lui en savons gré. Mais pour que la réflexion aille de l'avant, il est absolument indispensable de sortir de l'enfer des bibliothèques les études poussièreuses de ceux qui, depuis très longtemps, se sont penchés sur la question, et qui ont été ostracisés par les dictatures dominantes. Nous rejetons cette domination et nous mettrons en ligne les ouvrages, bons ou mauvais, on en jugera, qui ont abordé ces rivages pestilentiels où barbote un passé lointain.

 

 

1/ D'abord, le livre d'Ariel Toaff, Pasque di Sangue. Il est en italien, et pas très facile à lire.

LE LIVRE RETIRÉ DES LIBRAIRIES !!!

TOAFF Ariel

Pasque di Sangue -- Ebrei d'Europa e omicidi rituali
<pdf> 3,7 M, pag. 242, Bologna, Il Mulino, Febbraio 2007
Les images sont dans un fichier à part. 1,6 M

« Malgré son titre de thriller, Pasque di sangue est un austère essai historique consacré aux accusations de meurtres rituels portées contre les juifs d'Europe au Moyen Age. Rien ne promettait à cette étude universitaire de 360 pages un destin de best-seller sulfureux. Plus que l'ouvrage d'ailleurs - que peu de monde avait encore lu -, c'est la présentation qui en a été faite dans la presse italienne qui a déclenché la polémique.
Convoqué le 14 février à son retour d'Italie par le président de l'université Bar Ilan, Ariel Toaff s'est vu imposer un communiqué annonçant le retrait de son ouvrage, et s'excusant "auprès de tous ceux qui ont été offensés par les articles et par les faits déformés qui m'ont été attribués ainsi qu'à mon livre" ». (Le Monde, 23 février 2007) Il y a tout lieu de penser que ce communiqué rédigé par d'autres que Toaff.

C'est un excellent livre, écrit avec précaution par un historien parfaitement qualifié. Il pratique une brèche dans les fortifications qui protègent l'ensemble des privilège dont jouissent les juifs dans nos sociétés. La réaction d'une extrême violence des institutions juives, aussi bien en Israël qu'au dehors, est symptomatique. La presse présente l'auteur comme repentant. C'est une erreur complète : il ne renie rien de son livre et proteste contre les déformations d'une meute de journalistes qui n'ont pas lu le livre. Ils vont jusqu'à lui reprocher de l'avoir écrit en italien, lui, le fils du grand rabbin de Rome (1951-2001). C'est une affaire qui ne fait que commencer. Mais d'abord, nous sauvons le livre, désormais introuvable.

Ariel Toaff, a professor of medieval and Renaissance history at Israel's Bar Ilan University, said in a February 14 statement that, while he stands by his research, he is recalling the book, "Pasque di Sangue" ("Bloody Passovers"), in order to reframe those sections of it that he feels have been misunderstood by readers and mischaracterized in the press. To further allay criticism, Toaff was made to donate any money he may have earned from book's early sales to the Anti-Defamation League, which only days before had condemned the scholar, whithout having read it, of course.

Gerusalemme, 26 feb. (Adnkronos) - Lo storico Ariel Toaff, autore del controverso libro "Pasqua di sangue", intende chiarire la sua posizione su una rivista scientifica, scrive oggi il quotidiano israeliano Haaretz, senza tuttavia specificare il nome della pubblicazione. Il libro verte su un processo intentato nel XV secolo contro ebrei di Trento accusati di aver usato nei riti pasquali il sangue di un bambino cristiano. Toaff, che dieci giorni fa ha ordinato la sospensione della distribuzione del libro in seguito alle polemiche, vuole ora chiarire che gli ebrei di Trento non uccisero il piccolo Simonino o altri bambini cristiani, ne' usarono il sangue di cristiani morti. All'epoca veniva infatti infatti venduto del sangue, cavato da donatori viventi. Lo storico vuole anche sottolineare che la vicenda coinvolse elementi estremisti di una piccola comunita' askenazita. [Articolo scritto dalla polizia del pensiero]

 

Non ho letto il libro di Ariel Toaff Pasque di Sangue, appena uscito per il Mulino, che afferma sia vero il mito del blood libel, ovvero gli omicidi e l'uso rituale del sangue da parte degli ebrei qualche centinaio di anni fa. Ma ne ho letti molti di commenti da parte di altri storici, e ho consultato testi sull'argomento, tanto da essermene formata un'opinione. Raramente una più superficiale concezione delle parole «verità» e «coraggio» è stata applicata a un caso di studio e soprattutto a una questione politica e contemporanea così scottante come quella che solleva il libro di Toaff. Fiamma Nirenstein (Il Giornale)

Italiano, ma da anni docente di storia medievale in Israele, Ariel Toaff manda in libreria per il Mulino un volume forte e grave sin dal titolo, Pasque di sangue. Magnifico libro di storia, questo è uno studio troppo serio e meritorio perché se ne strillino le qualità come a una bancarella del mercato. Sergio Luzzatto (Corriere della Sera)

Dal Mulino non giungono reazioni ufficiali alla decisione di Ariel Toaff, che ha preferito ritirare il suo libro per riformularne alcuni passaggi. Dal canto suo Paolo Prodi, docente di Storia moderna e membro del comitato direttivo dell' associazione Il Mulino, invita a "fermarsi e rispettare la volontà espressa da Toaff, nella speranza che la discussione possa rientrare nell' alveo della critica e del confronto scientifico". Ma trae dalla vicenda anche ulteriori riflessioni: "È emerso un problema che investe la natura del mestiere di storico. Si è visto quale importanza e delicatezza possa assumere l' elaborazione storiografica, quando viene a interferire in qualche modo con i conflitti dell' attualità politica. Il lavoro di Toaff è stato aspramente attaccato ancora prima dell' uscita del volume, per il timore che potesse dare fiato a posizioni revisioniste o negazioniste in fatto di antisemitismo. Capisco le preoccupazioni, ma credo che la ricerca debba avere la possibilità di svolgersi in piena autonomia, senza subire il peso di pressioni esterne". Paolo Prodi Il Corriere della Sera

Un dossier de presse italien sur ce qui désormais est l'affaire Toaff

Raccolta di articoli della stampa italiana sul caso Toaff
pag. 87, <pdf> 800K Marzo 2007, Un. degli Studi di Teramo

English : Blood Passover
<pdf> 150 p., translation in English of the fast disappeared book on one famous Jewish "blood libel", by Gian Marco Lucchese and Pietro Gianetti. With preliminary remarks by aaargh.

Very useful work which extends the access to this remarkable book. A second edition in Italian, with a new preface by the author, is expected by the end of the year.

Voir le dossier AUTOUR DE "PASQUE DI SANGUE".

 

DAL (ou DAHL) Vladimir Ivanovitch

Rozysaknie o ubienii evreïami khristianskikh mladentsev i upotreblenii krovi ikh
[Enquête sur le meurtre d'enfants chrétiens par les juifs et sur l'utilisation de leur sang]
Saint Petersburg, en russe, 1844 <pdf> 172 p. 1,4M

Connu comme l'auteur du plus important dictionnaire russe du XIXe siècle, <http://vidahl.agava.ru/ > Dal fut un précoce flokloriste. Il fut chargé par le ministère de l'intérieur de faire un rapport sur les affaires de crimes rituels imputés aux juifs (1844). Imprimé à quelques exemplaires, ce texte sembla disparaître à maintes reprises. Nous en avons une version imprimée avant la Révolution, utilisant l'ancien alphabet.

Dahl, par Vassili Perov (1834-1882)

C'est une étude froide, érudite, qui enregistre les faits, sans fioritures et sans passion. Dal montre très bien le mécanisme de la dénégation des petits groupes de criminels qui sont couverts par la communauté. Pour éviter le retour du bâton, elle soudoit les autorités, quel qu'en soit le prix. Dal n'avait rien d'un antisémite, même si cet ouvrage est souvent absent de la liste de ses travaux. L'UNESCO avait décrété l'année 2000 comme «année Vladimir Dahl».

AUTOUR DE VLADIMIR DAHL

 

DESPORTES Henri

Le Mystère du Sang chez les juifs de tous les temps
Préface d'Edouard Drumont
Paris, Savine, 1890, 409 p. <pdf> 1,6 M

Littérateur. - Professeur de mathématiques à l'école de la Providence à Amiens, puis à Lille et Asnières (en 1895). - N'a jamais reçu les ordres (quoiqu'il signe souvent Abbé Desportes). - Il lance un mensuel "l'Alliance antijuive" (1890-1892) puis "La Terre de France" (1894-1895) ; il dirige également les "Annales de la philosophie" et fonde en octobre 1895 : "La France nouvelle". - Nom réel : Henri Déporte. - Né à Yébleron, Seine-Maritime.

AUTOUR D'HENRI DESPORTES

 

Roger Gougenot des Mousseaux, Le Juif, le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, 1869.

Voir le chapitre 6, L'assassinat talmudique, qui relate essentiellement l'affaire de Damas (1840) Il commence à la page 184. En voici le sommaire :

Assassinats, ou sacrifices de chrétiens, commandés en certains cas par le Talmud, qui est le renversement du Décalogue. - Ce crime d'idolâtrie magique et d'anthropophagie, signalé dans la Bible, est traditionnel. - Ces crimes disparaissent dans les centres de civilisation ; ils ont été de tout temps et de tous lieux chez les talmudisants. - Le Juif les nie avec son aplomb caractéristique. - Exemples et autorités. - La plus grave magistrature des chrétiens n'est composée, au dire du Juif, que d'ignorants et de bourreaux. - Pièce authentique qui nous montre les Juifs commettant ce crime à ciel ouvert, parce qu'ils s'imaginent avoir une garantie légale. - Les princes sans cesse obligés de sévir contre eux. - Un de ces crimes, commis il y a quatre siècles, semblable dans tous ses détails à celui dont fut victime, en 1840, le Père Thomas. - L'Eglise se prononce sur ces crimes sacrés comme la magistrature séculière. - Les Juifs s'appellent peuple au cur tendre ! - Récit parallèle au précédent ; assassinat religieux du Père Thomas et de son domestique. - Menus détails, interrogatoires, procès-verbaux, horreurs inexprimables. - Intrigues judaïques contre la justice et contre le consul de France.- Députation et pression des Juifs d'Europe sur le souverain de l'Egypte. - L'or. - La justice arrêtée : son recul après la condamnation des assassins. - Négation du crime par tous les Juifs de la terre, malgré la surabondance et la précision des détails. - Paroles du souverain de l'Egypte et firman. - Silence de la justice obtenu. - Fureur et rancune du Juif contre M. Thiers, parce que ce ministre de Louis-Philippe a osé louer à la tribune la conduite du consul de France contre les assassins. - Ce digne représentant de la France n'est arrêté ni par les millions ni par les menaces. - Les pièces du procès, où nous puisons, déposées au ministère des affaires étrangères. - Ces crimes religieux ont une ressemblance si frappante, malgré les siècles qui les séparent, que la pensée de dates distinctes s'efface devant la nature des faits.

Le juif -- Le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens
Paris, Plon, 1869, 613 p. <pdf> fac-similé. ATTENTION : 20 M

Un grand classique de ce qu'ils appellent l'antisémitisme mais qui relève plutôt de la "critique du judaïsme" que nous tenons pour parfaitement légitime. Ils crient tous contre ce livre, mais ils ne l'ont pas lu. C'est un grand inédit sur internet.

Pourquoi ce livre a-t-il été écrit ? En juin 1869, Maxime du Camp écrivait dans La Revue des deux mondes un article qui déplut à certains lecteurs. Aussitôt le consistoire israélite de Nancy écrivit au gouvernement : Nous espérons que "grâce à votre intervention auprès de l'autorité, une répression judiciaire mettra fin à des abus qui ne tendent à rien moins qu'à entretenir dans les populations ces odieux préjugés dont nous avons tant souffert dans le passé, et dont il faut, à tout prix, empêcher le retour dans l'intérêt de la paix publique et de la civilisation". (Archives israélites, 1969, xiv, p. 431).

On voit donc que, depuis plus de 150 ans, ce sont toujours les mêmes qui se plaignent de souffrances plus ou moins imaginaires et qui se cramponnent aux genoux des "autorités" pour obtenir la mise en place d'une censure qui agirait comme un mur virtuel, cachant la "communauté" aux yeux de la foule des passants, et assurant ainsi son impunité. C'est l'époque où les portes de ghettos lâchent sous la pression des Lumières. Un flot en sort qui envahit tout. Voyez, dans l'opuscule de Wilhelm Marr (ci-dessous), comment vingt ans après l'émancipation, en Allemagne, les juifs ont pris le contrôle des organes essentiels, presse, politique, banques, etc. Ce qu'on appelle l'antisémitisme au XIXe siècle est la réaction de surprise, d'étonnement et de refus impuissant devant cette marée montante. Cette réaction est celle de toutes les couches sociales, touchées très tôt par la destruction capitalistique et donc en grande partie juive, de leurs fondements économiques. Il est somme toute étonnant qu'elle n'ait pas été plus violente.

VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DE GOUGENOT DES MOUSSEAUX"

 

LEESE Arnold

 

Asesinato ritual judio
Londres, 1938, 68 p. <pdf> 400 K

Arnold Leese est un célèbre antisémite britannique que Sa Gracieuse Majesty a gardé au chaud dans un de ses donjons pendant la seconde guerre mondiale. Il fait ici le bilan de la littérature concernant le fameux "crime rituel". Fantasme ? Réalité ? Le lecteur choisira.

El doctor Arnold Spencer-Leese (1877-1956) era veterinario conocido, un anti-Semite y político fascista. El hizo un experto en el camello. Hizo implicado con los grupos fascistas, comenzando en 1924. Como eligieron a un miembro de los fascistas británicos él a un consejo local que año, junto con el Henrio Simpson.
Él fundó a liga fascista imperial fracasada en 1929, encontrando su movimiento alcanzado por Oswald Mosley y la unión británica de fascistas. Él volvió a enviar grandemente a Mosley y lo dobló un "fascista kosher". El anti-Semitism de Leese le ganó un encanto en la prisión en 1936 para crear una travesura pública. Él era uno de los líderes pasados del movimiento fascista que se internará en el Reino Unido al principio de la guerra mundial II. reputado, él encontró a policía el inclinarse sobre un cajón en su dormitorio cuando él volvió a casa. El no poder resistir la tentación, Leese golpeó a policía con el pie en las nalgas.
"

 

My Irrelevant Defence -- being Meditations Inside Gaol and Out on Jewish Ritual Murder
<pdf> 66 p., 450 K, London, 1938, edition Imperial Fascist League.

Arnold Leese fut un antisémite anglais conséquent, cultivé, drôle, que la "démocratie" anglaise, pour bien le pénétrer de ses vertus, a mis en prison à plusieurs reprises pour ses opinions. Il reprend le dossier des crimes rituels et trouve qu'il fourmille de raisons de méditer.

"I challenge and defy the Judæo-Masonic Power, which rules this country, by publishing the present work in 1938, not only in my own defence, but in the public interest to break the attack on Free Speech that is rapidly developing wherever any criticism of the past or present conduct of Jews is concerned, an attack which relies for its success upon the ridiculous charge that a breach of the peace is likely if the truth about them is spoken!"

Dossier "Arnold Leese", antisémite britannique très flegmatique.

 

Willie Martin, une compilation assez superficielle. En anglais. Point de vue chrétien issu de la droite américaine.

Willie Martin, The History of Jewish Human Sacrifice.

The Law of Human Sacrifice: For a long time the newspaper Der Sturmer endeavored to find the actual law of ritual murder, the law of human sacrifice. It finally succeeded in doing so. In a trial in which Julius Streicher and Karl Holz were being tried (because of "offending the Jewish Religious Society") it was proposed that they call as witness Dr. Erich Bischoff. Dr. Bischoff appeared. He was the leading German expert on the laws of the Talmud. He had dedicated his entire life to the study of the Jewish law books. Dr. Bischoff brought with him a translation of a secret Jewish law, which clarified with one stroke the question of ritual murder. It comes from the book of Sohar.[=Zohar] This book is considered to be holy by the Jews.

The knowledge of Jewish ritual murder is thousands of years old. It is as old as the Jews themselves. Non-Jews have passed the knowledge of it from generation to generation, and it has been passed down to us thorough writings. It is known of throughout the nation. Knowledge of ritual murder can be found in even the most secluded rural villages. The grand-father told his grand children, who passed it on to his children, and his children's children, until we have inherited the knowledge today from them.

Dossier "autour du livre de de Willie Martin".

 

Hellmut Schramm, auteur certainement nazi, mais hélas "incontournable". Est-ce que "nazi" veut dire idiot ? ou incompétent ? 1943 ne semble pas être une très bonne année... On ne lit plus les nazis, c'est entendu. Mais tout est-il à jeter? Plutôt que la réputation d'un livre, nous préférons examiner le livre lui-même. Il est en allemand. Mais pas en gothique !

Hellmut Schramm, Jüdische Ritualmord. 1943.

Il est temps. Le livre d'Ariel Toaff nous ouvre la voie. Un écrasant tabou a pesé sur cette question des meurtres rituels. Ils sont unanimes à crier qu'elle n'existe pas. Toaff, le fils du grand rabbin de Rome, qui enseigne dans une université religieuse en Israël, montre que cette unanimité dissimule quelque chose. Il répète, après d'autres, qu'il y a des parties cachées, purement orales, dans l'enseignement du Talmud. Ce que recouvre cette soudaine discrétion juive, nous voulons le savoir. Bien avant Toaff, d'incontestables antisémites se sont penchés sur la question. Il est temps de lire ce qu'ils ont écrit. On se fera une opinion APRÈS. Ceux qui veulent se faire une opinion AVANT sombrent dans l'insignifiance. Hellmut Schramm, certainement nazi, n'est ni le premier ni le dernier, mais c'est un chercheur consciencieux. On peut le réfuter, mais non pas l'ignorer.

English : Jewish Ritual - Murder -- A Historical Investigation
(Berlin, 1943) Translator's Preface by R. Belser, Foreword by Johann von Leers, 346 p.. <pdf> 3M

The official 'party line' on Jewish Ritual-Murder is that all such incidents were crimes which ignorant and superstitious peasants blamed on innocent Jews during the Middle Ages. The truth, however, is different: these accusations predate both the Middle Ages and the start of the Christian era. Reports from a range of sources, varying widely in chronology and geographical setting, show remarkable consistency, and learned, conscientious investigators were often involved in ascertaining what actually occurred. In many cases - such as the Damascus double murders - men of known rectitude, intelligence and of wide experience in the world, such as Sir Richard Burton, confirmed its existence. The position I have come to after translating this work, is that the accusation of Jewish Ritual-Murder has always been based upon a real and not an imaginary, phenomenon, a historical reality. I believe that, for all practical purposes, and for a variety of reasons, genuine cases of Jewish Ritual-Murder were beginning to peter out at around the turn of the 20th century. I believe that they were perpetrated by what are usually referred to as the "ultra-Orthodox" Jews; after the mid 17th century, that means the Hasidim in particular; that up until the late 19th century, the existence of Jewish Ritual-Murder was more generally known to exist by the Jews themselves, although its practice was anything but universal among them. I believe that today, very few Jews know its history and most of them do indeed honestly regard it as a "libel." R. Belser.

VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DE SCHRAMM"

 

TLASS Général Moustafa

L'Azyme de Sion
< pdf > 1,5 M, 141 p.

C'est le livre qui flanque les foies à ces Messieurs du CRIF et des Zinstances Zisraélites réunies. Depuis des années, ils dénoncent les liens, réels ou supposés, qui uniraient le sulphureux général, longtemps ministre de la défense syrien, et les abominables de l'AAARGH. On ne compte plus les articles qui geignent dans les colonnes de L'Arche. Et bien, voilà. Le cauchemar arrive. La parution du livre d'Ariel Toaff a suscité ce que l'on appelle dans la presse, toujours avide de clichés, une "levée de boucliers". Nous avons glissé le regard sous les boucliers. Et nous y avons découvert un formidable négationnisme juif : les juifs seraient toujours et partout innocents de ces abominables crimes rituels. Mais quand on voit le formidable appareil de propagande, de manipulation politique et de répression mis en place au service de cette innocence, on est pris par le doute. En fait, le dossier des crimes rituels attribués spécifiquement aux anciens juifs, est d'une bouleversante richesse. Le livre de Moustafa Tlass, rédigé en arabe il y a une vingtaine d'années, est une pièce, parmi beaucoup d'autres de ce dossier. Tout le monde n'a pas l'occasion de baguenauder sur les boulevards de Damas. Voici ce livre pour nos lecteurs de partout.
"
On trouve au catalogue des éditions Dar Tlass, au côté du livre
négationniste de Serge Thion: deux livres (présentés l'an dernier, à la Foire internationale du livre de
Francfort) sur «le rôle des Juifs» dans les attentats du 11-Septembre; un livre de Moustafa Tlass lui-même,
La Matza de Sion [= L'Azyme de Sion], qui affirme qu'en 1840 les Juifs de Damas ont égorgé un moine et son
domestique afin d'utiliser leur sang pour la fabrication du pain azyme (ce livre a connu de nombreuses
rééditions, dont la dernière en date a été présentée en 2002 à la Foire du livre de Damas, ainsi que des
traductions en anglais et en français). " L'Arche, janvier 2006.

VOIR LE DOSSIER "AUTOUR DU BRAV'GÉNÉRAL TLASS", la bête noire des sionistes.

 

RECUEIL DE NOTICES empruntée à Wikipedia:

 


Petit St Hugues de Lincoln (1255) ·
Hugues de Lincoln (1247-août 1255) était un petit garçon anglais, dont la disparition provoqua une accusation de meurtre rituel contre les Juifs, qui se révéla infondée, dont les conséquences se sont fait sentir jusqu'à aujourd'hui. . Souvent on parle de Little saint Hugh. Le garçon avait disparu le 31 juillet et son corps avait été découvert dans un puits le 29 août.
Peu de temps après sa disparition, un Juif du lieu appelé Copin (ou Jopin) avoua sous la menace de la torture qu'il avait tué l'enfant. Dans sa confession il déclara que c'était l'habitude chez les Juifs de crucifier un enfant chrétien chaque année. Copin fut exécuté et l'histoire se serait terminée là si une série d'événements n'avait pas coïncidé avec la disparition.
Six mois plus tôt environ, le roi Henri III avait vendu à son frère Richard, comte de Cornouailles, ses droits sur la taxe des Juifs. Ayant perdu cette source de revenu, il décida qu'il avait droit à l'argent des Juifs s'ils étaient condamnés pour crime. En conséquence, environ quatre-vingt-dix Juifs furent arrêtés et détenus à la Tour de Londres, accusés d'avoir été impliqués dans ce meurtre rituel.
Dix-huit d'entre eux furent pendus - c'était la première fois que le gouvernement civil prononçait une condamnation à mort pour meurtre rituel - et le roi Henri eut donc la possibilité de se saisir de leurs biens. Les autres furent graciés et libérés, très probablement parce que Richard, qui y voyait une menace potentielle contre ses propres sources de revenus, était intervenu en leur faveur auprès de son frère.

Influence culturelle [modifier]
Pendant ce temps, la Cathédrale de Lincoln commençait à tirer profit de l'épisode : Hugues était considéré comme un martyr chrétien et les lieux associés à sa vie devenaient le but de pèlerinages. Une légende à son sujet prit naissance, recevant le soutien de la culture populaire, et l'histoire devint sujet de poésie et de folklore. Même Geoffrey Chaucer dans ses Contes de Cantorbéry fait référence à Hugues de Lincoln dans le « Conte de la Prieure ». Les pèlerins dévots de Hugues de Lincoln affluèrent vers la ville jusqu'au début du 20ème siècle, quand un puits fut construit dans l'ancien quartier juif de la Cour de Juifs et présenté de façon tapageuse comme le puits où on avait trouvé le corps de Hugues.
En 1975 le groupe anglais de folk-rock Steeleye Span a enregistré une version du « Petit saint Hugues » dans son album Commoner's Crown. Dans la chanson, le meurtrier est « une lady gay » qui est « habillée de vert »
En 1955, l'Église anglicane a remplacé le reliquaire dans la Cathédrale de Lincoln par une plaque portant ces mots :
Ancien emplacement du reliquaire du Petit saint Hugues.
Des légendes mensongères rapportant des histoires de « meurtres rituels » de petits garçons chrétiens par les communautés juives étaient courantes dans toute l'Europe au Moyen-âge et même beaucoup plus tard. Ces faux-bruits ont coûté la vie à un grand nombre de Juifs innocents. Lincoln avait sa propre légende et la prétendue victime a été enterrée dans la Cathédrale en 1255.
De telles histoires ne sont pas à mettre au crédit de la chrétienté et nous prions ainsi :
seigneur, pardonnez ce que nous avons été,
corrigez ce que nous sommes,
et amenez-nous à ce que nous devons être.

Liens externes [modifier]
· The Ballad of Hugh of Lincoln
· Ritual In Blood: a play
· Hugh of Lincoln de la Jewish Encyclopedia
· "Jewish Communities in Eastern England"

 

Anderl von Rinn

Anderl (Andreas) Oxner von Rinn est un garçon de 3 ans qui, selon une dénonciation calomnieuse, aurait été assassiné le 12 juillet 1462 par des Juifs étrangers à sa commune dans le village de Rinn (Tyrol du Nord) au cours d'un meurtre rituel.
C'est sans doute en 1475 que les ossements de l'enfant, à la suite du meurtre de Simon de Trente, attribué lui aussi aux Juifs, furent transférés dans l'église paroissiale de Rinn. Cependant, la véritable légende du meurtre rituel ne naquit que vers 1620 sous la plume d'Hippolyte Guarinoni, un médecin qui, à l'époque, était attaché à un béguinage de dames nobles à Hall. Ayant vraisemblablement entendu parler du meurtre il rédigea en 1642 un ouvrage sur ce crime : Triumph Cron Marter Vnd Grabschrift des Heilig Unschuldigen Kindts (Couronne triomphale du martyr et épitaphe du saint enfant innocent). Le prétendu lieu du crime, Judenstein bei Rinn, devint un lieu de pèlerinage et par là une démonstration d'antijudaïsme dans l'Église catholique.
En 1753 le pape Benoît XIV permit la vénération du petit Anderl. Par des pièces de théâtre populaires, qui se fondaient sur les écrits de Guarinoni et qui furent jouées jusqu'en 1954, se répandit la légende antijuive. Les frères Grimm la reprirent en 1816 quand ils publièrent le premier volume de leurs récits allemands. En 1893 parut le livre Quatre enfants tyroliens victimes du fanatisme hassidique du prêtre viennois Joseph Deckert, qui donna une nouvelle vie à la légende et la rendit utilisable pour les formes modernes d'antisémitisme.
Finalement, la fête d'Anderl von Rinn fut rayée du calendrier religieux en 1953 par l'évêque d'Innsbruck Paul Rusch. En 1985 on retira de l'église paroissiale les ossements du prétendu petit martyr. En 1994 le culte de l'enfant au Judenstein fut interdit officiellement par l'évêque Reinhold Stecher.
Malgré tout un pèlerinage au Judenstein près de Rinn a toujours lieu chaque année, organisé à titre privé par des extrémistes de droite locaux et régionaux et des intégristes catholiques, le dimanche qui suit le 12 juillet. Contrairement aux ordres de l'Église catholique, et contrairement aussi aux travaux scientifiques concernant cette légende, des représentants isolés de l'Église catholique se sont prononcés en faveur de la célébration de cette fête et considèrent que le caractère fictif du meurtre rituel n'a pas été prouvé. En font partie Gottfried Melzer, chapelain et coorganisateur du pèlerinage, suspens a divinis et condamné en Autriche en 1998 pour incitation à la haine raciale, Robert Prantner, théologien et membre de l'association Engelwerk, ainsi que Kurt Krenn, ancien évêque de Saint-Pölten et président de la Ligue de prière de l'empereur Charles pour la paix entre les peuples, de tendance nationale et conservatrice.

Bibliographie (en allemand) [modifier]
· Rainer Erb: "Es hat nie einen jüdischen Ritualmord gegeben". Konflikte um die Abschaffung der Verehrung des Andreas von Rinn. Wien 1989
· Bernhard Fresacher: Anderl von Rinn. Ritualmordkult und Neuorientierung in Judenstein 1945­1995. Innsbruck und Wien 1998, ISBN 3-7022-2125-5
· Andreas Maislinger und Günther Pallaver: Antisemitismus ohne Juden - Das Beispiel Tirol. In: Wolfgang Plat (Hg.), Voll Leben und voll Tod ist diese Erde. Bilder aus der Geschichte der Jüdischen Österreicher. Herold Verlag, Wien 1988. ISBN 3-7008-0378-8
· Ingrid Strobl: Anna und das Anderle. Eine Recherche. Frankfurt am Main 1995, ISBN 3-596-22382-2

· (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en allemand intitulé « Anderl von Rinn »

 

Simon de Trente (? ­ vers le 21 mars 1475), était un garçon de la ville de Trente, (aujourd'hui en Italie). Sa disparition serait le fait des chefs de la communauté juive de la ville, d'après des aveux arrachés sous la torture.

La disparition de Simon Unverdorben, connu également sous le nom de Siméon, Simonin ou Simonet, déclencha la première accusation infondée de crime rituel. Ces accusations se multiplièrent à travers l'Europe pendant près de cinq siècles. Peu de temps avant la disparition de l'enfant, Bernardin de Feltre, prêcheur franciscain itinérant, avait prononcé à Trente une série de sermons où il disait du mal de la communauté juive locale.
Quand Simon disparut aux alentours de Pâques 1475, son père pensa qu'il avait été enlevé et assassiné par les juifs. Selon lui, ils avaient vidé l'enfant de son sang pour l'utiliser dans la cuisson de leurs matzot de Pâques, et pour des rituels occultes auxquels ils se livraient secrètement.

Réaction aux événements [modifier]
Les chefs de la communauté juive furent arrêtés et dix-sept avouèrent sous la torture. Quinze d'entre eux, y compris Samuel, le chef de la communauté, furent condamnés à mort et périrent sur le bûcher. Pendant ce temps Simon devint un objet de vénération pour l'Église catholique locale. Plus de cent miracles furent directement attribués au « petit saint Simon » dans l'année qui suivit sa disparition.
Son culte se propagea à travers l'Italie et l'Allemagne et fut confirmé (ce qui équivaut à une béatification) en 1588 par le pape Sixte-Quint, qui le proclama martyr et saint patron des victimes enlevées et torturées. La même année, Sixte V le canonisa et approuva qu'une messe spéciale en l'honneur du «petit Simon » fût dite dans le diocèse de Trente1,2 .

Interdiction moderne du culte [modifier]
En 1965, au début du Concile Vatican II, l'Église commença à réenquêter sur cette histoire, les dossiers du procès furent rouverts. Après avoir reconnu l'affaire comme frauduleuse, le culte de saint Simon fut aboli par le pape Paul VI et l'autel qu'on lui avait élevé fut démoli. On le retira du calendrier et il fut défendu de le vénérer à l'avenir. Cette interdiction ne fût pas respectée par tous.
En 2001 les autorités locales de la Province autonome de Trente organisèrent une prière commune des catholiques et des juifs à l'emplacement de l'ancienne synagogue juive de Palazzo Salvadori, en signe de réconciliation entre la ville et la communauté juive.
Bien que les historiens conviennent qu'il est extrêmement douteux que Simon ait été assassiné par les juifs, il reste quelques personnes pour considérer le meurtre comme un fait. Quant à la cause réelle de la disparition de Simon, elle demeure un mystère. [Ah! ah! rions un peu ! ]

Affaire Toaff [modifier]
En février 2007, le professeur et chercheur israélien Ariel Toaff a publié un livre dont le titre est Pasque di sangue: Ebrei d'Europa e omicidi rituali (Pâques sanglantes: Juifs d'Europe et meurtres rituels). Dans ce livre, il avance que le sang séché était utilisé à l'époque à des fins médicales, et qu'un marchant itinérant juif venant de Venise, impliqué dans le procès, en faisait commerce. Ses déclarations provoquèrent un tollé en Israël et en Italie.
Les homologues de Toaff l'accusèrent d'avoir commis de nombreuses erreurs dans ses recherches et d'accorder du crédit à des documents de l'inquisition obtenus sous la torture ou falsifiés. Ils mirent également en avant le fait qu'un juif, qui avait servi quelque temps comme témoin à charge, avait manipulé le juge avec ses connaissances. Ariel Toaff a retiré son livre du commerce afin de pouvoir retravailler les passages qui lui étaient reprochés3.

Sources [modifier]
· Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé « Simon of Trent »

Notes et références [modifier]
1. ? A Blood Libel Cult:Anderl von Rinn, d.1462 (Medieval Sourcebook)
2. ? (de)Marco Polo und Rustichello: "notre livre" und die Unfaßbarkeit der Wunder
3. ? 'Blood libel' author halts press by Matthew Wagner and AP. Jerusalem Post. February 14, 2007

 

 

Le Saint Enfant de La Guardia (Santo Niño de La Guardia) est la victime supposée d'un meurtre rituel pratiqué par des Juifs et des Conversos (Juifs convertis au catholicisme), à la fin des années 1480 dans la localité de La Guardia (Province de Tolède). En raison de ce meurtre, plusieurs Juifs et nouveaux convertis ont été inculpés, condamnés par l'Inquisition et brûlés vifs à Ávila le 16 novembre 1491.
Certains documents du procès ont été conservés (et tout particulièrement, l'interrogatoire complet de l'un des accusés, Yucef Franco) et révèlent de multiples irrégularités ainsi que l'absence de preuves tangibles de l'existence même du crime. La majorité des historiens actuels considèrent que le procès est uniquement destiné à créer un climat antisémite afin de permettre un meilleur accueil, par la population, du décret d'expulsion des Juifs, qui sera promulgué quelque mois plus tard en mars 1492.
Pendant tout le XVIe siècle, une légende hagiographique s'est développée à propos du Saint Enfant, dont le culte continue d'être célébré à La Guardia.

Le procès [modifier]
Selon les documents en notre possession, les premières arrestations ne sont pas le résultat de l'investigation d'un crime quelconque. Apparemment, aucun cadavre n'a été découvert et aucune disparition d'enfant n'est signalée. Les premiers détenus sont des judéoconversos (juifs convertis) accusés uniquement de cryptojudaïsme et de continuer à pratiquer la religion juive. Ce n'est que pendant les interrogatoires pratiqués en prison que se façonne l'idée de les accuser de crime rituel
En juin 1490, on arrête à Astorga un converti dénommé Benito García, cardeur ambulant, natif du village de La Guardia. Il est conduit devant Pedro de Villada, vicaire général de l'évêché d'Astorga pour être interrogé. La confession de Benito García en date du 6 juin 1490 a été conservée. Il en découle qu'il est accusé uniquement de pratique judaïsante. L'accusé explique dans ce document que cinq ans auparavant (en 1485) il était secrètement revenu à la religion juive, encouragé par un autre converti, aussi de La Guardia, Jean de Ocaña, et par un Juif de la localité proche de Tembleque, dont le nom de famille est Franco.
Yucef Franco, dont le nom est mentionné par Benito García est un cordonnier. Il est aussitôt arrêté par l'Inquisition. Il se trouve en prison à Ségovie le 19 juillet 1490, quand, après s'être senti malade, il est visité par un médecin, Antonio d'Avila. Yucef demande au médecin la venue d'un rabbin. Au lieu du rabbin, le médecin se présente pour sa seconde visite accompagné du moine Alonso Enríquez, déguisé en Juif et se faisant appelé Abrahán. Le prisonnier, en utilisant quelques mots d'hébreu, demande au faux rabbin d'entrer en relation avec le rabbin de Castille, Abraham Seneor, pour l'informer qu'il se trouve actuellement en prison pour la mort ("mitá") d'un garçon ("nahar") que l'on a utilisé à la façon de cet homme ("otohays", euphémisme pour désigner Jésus-Christ). Lors de la deuxième visite effectuée par les deux hommes, Yucef ne fait plus aucune allusion à cette affaire.
Les déclarations ultérieures d'Yucef impliquent d'autres Juifs et convertis. Le 27 août 1490, l'inquisiteur général, Tomás de Torquemada, donne l'ordre de transférer les prisonniers de Ségovie à Avila pour y être jugé. Tous les prisonniers transférés sont impliqués dans l'affaire: les conversos Alonso Franco, Lope Franco, García Franco, Juan Franco, Juan de Ocaña et Benito García tous habitant dans le même quartier de La Guardia, le Juif Yucef Franco de Tembleque et le Juif Mose Abenamías de Zamora. Les accusations portées sont dans l'ordre: l'hérésie et l'apostasie, puis des crimes contre la foi catholique.
Les inquisiteurs chargés du procès sont Pedro de Villada (le même qui avait interrogé en juin 1490 le converti Benito García); Juan López de Cigales, inquisiteur de Valence depuis 1487; et le frère Fernando de Santo Domingo. Tous sont des hommes de confiance de Torquemada. De plus, le frère Fernando de Santo Domingo avait écrit auparavant le prologue d'un petit opuscule antisémite très répandu. Le procès contre le Juif Yucef Franco commence le 17 décembre 1490. Il est accusé d'avoir essayé d'attirer au judaïsme des convertis, ainsi que d'avoir participé à la crucifixion rituelle d'un enfant chrétien un Vendredi Saint.
Avant le procès, les inquisiteurs ont déjà obtenu les confessions de Benito García et d'Yucef Franco. Selon Baer, "il semble que les accusés aient partiellement confessé leurs fautes, en se chargeant les uns les autres, sous la torture et contre la promesse fallacieuse, donnée par l'Inquisition, de retrouver leur liberté. "
Quand l'accusation est lue au procès, Yucef Franco s'écrie que c'est la "plus grande fausseté du monde". Les confessions de cet inculpé, obtenues sous la torture ont été conservées. Au début, il n'est fait référence qu'aux conversations dans la prison entre Yucef Franco et Benito García qui l'incriminent de pratiques judaïsante, et ce n'est que par la suite qu'il est fait mention de sorcellerie pratiquée environ quatre années auparavant (en 1487, semble-t-il) et pour laquelle auraient été utilisés une hostie consacrée, volée dans l'église de La Guardia, et le cur d'un enfant chrétien. Les déclarations suivantes d'Yucef Franco donnent plus de détails sur le sujet, en incriminant surtout Benito García. Les déclarations de ce dernier ont aussi été conservées. Obtenues sous la torture, elles sont en contradiction avec celle de Franco. Or lors d'une confrontation réalisée entre Yucef Franco et Benito García, le 12 octobre; il est indiqué dans le protocole de la rencontre que les déclarations sont concordantes, ce qui est surprenant, car les déclarations antérieures étaient contradictoires
En octobre, l'un des inquisiteurs, frère Fernando de San Esteban, se déplace à Salamanque et au couvent de San Esteban où il a des entretiens avec quelques juristes et théologiens experts, pour estimer la culpabilité des accusés. Lors de la phase finale du procès, les témoignages deviennent publics, et Yucef Franco essaye sans succès de les réfuter. Les dernières déclarations de Franco, obtenues en novembre sous la torture, rajoutent de nombreux détails aux faits: selon Baer, la plupart de ces détails trouvent clairement leur origine dans la littérature antisémite.
Le 16 novembre, tous les inculpés sont remis au bras séculier et brûlés au Brasero de la Dehesa (Bûcher du Pâturage), à Avila. Huit personnes sont exécutées : deux Juifs, Yucef Franco et Moshe Abenamias, et six convertis, Alonso, Lope, Garcia et Jean Franco, Jean de Ocaña et Benito García. Comme c'est la coutume, les sentences sont lues dans le même autodafé. Celles de Yucef Franco et de Benito García ont été conservées.
Les biens confisqués aux inculpés servent à financer la construction du monastère de Saint Thomas d'Avila, qui sera achevé le 3 août 1493.

La légende [modifier]
Dans le courant du XVIe siècle, la légende se répand que la mort du Saint Enfant est semblable à celle du Christ, et trouve même des similitudes entre la topographie du village de Tolède où se seraient déroulés les faits et la campagne autour de Jérusalem, où le Christ est mort.
En 1569 Sancho Busto de Villegas, membre du Conseil Général de l'Inquisition (la "Suprême") et gouverneur de l'archevêché de Tolède (par la suite évêque d'Avila) écrit, à partir des documents du procès, conservés aux archives du tribunal de Valladolid, une "Relation autorisée du martyre du Saint Innocent" qui sera déposée aux archives municipales de la ville de La Guardia.
En 1583 est publiée "L'Histoire de la mort et le martyre glorieux du Saint Innocent de La Guardia", uvre du frère Rodrigo de Yepes. En 1720 une autre oeuvre hagiographique apparaît à Madrid, "L'Histoire de l'Innocent trinitaire, le Saint Enfant de la Guardia", oeuvre de Jacques Martínez Abad, et en 1785, le prêtre d'une localité tolédane, Martin Martínez Moreno publie son "Histoire du martyre du Saint Enfant de la Guardia".
La légende se construit à partir de tous ces apports successifs et consolide la thèse que certains conversos, après avoir assisté à un autodafé à Tolède, planifient de se venger des inquisiteurs à l'aide de la sorcellerie. Pour faire leurs sortilèges, ils ont besoin d'une hostie consacrée et du coeur d'un enfant innocent. Juan Franco et Alonso Franco séquestrent l'enfant près de la Puerta del Perdón (Porte du Pardon) de la cathédrale de Tolède et le transportent à La Guardia. Là, le jour du Vendredi Saint, ils simulent un jugement. Toujours d'après la légende, l'enfant se prénomme Cristóbal (Christophe) et dans d'autres versions Juan (Jean), malgré le fait qu'aucun cadavre n'est jamais été trouvé. Il serait le fils d'Alonso de Pasamonte et de Juana la Guindera. Il est alors fouetté, couronné d'épines et crucifié, de la même façon que le Christ. Puis ils lui arrachent le coeur dont ils ont besoin pour leurs sortilèges. Au moment de la mort de l'enfant, sa mère, qui était aveugle, recouvre miraculeusement la vue.
Après lui avoir donné une sépulture, les assassins volent une hostie consacrée. Benito García se rend à Zamora en emportant l'hostie et le cur, pour obtenir l'aide d'autres coreligionnaires pour réaliser ses sortilèges. Mais il est arrêté à Avila à cause du rayonnement émis par l'hostie consacrée que le conversos a cachée entre les pages d'un livre de prières. Grâce à sa confession, les autres complices du crime sont arrêtés. Après la mort supposée du Saint Enfant, quelques guérisons miraculeuses lui sont s'attribuées.
L'hostie consacrée est conservée au monastère dominicain de Saint Thomas à Avila. Quant au cur et au corps de l'enfant, ils auraient miraculeusement disparu, ce qui laisse supposer que comme le Christ, l'enfant aurait ressuscité.

La légende dans l'art et dans la littérature [modifier]
Yepes mentionne qu'un retable, aujourd'hui disparu, se trouvait dans l'ermitage du Saint Enfant à La Guardia. Commandé par l'archevêque de Tolède, Alonso de Fonseca, il représentait les scènes de l'enlèvement, de l'accusation, de la flagellation et de la crucifixion de l'enfant, ainsi que celles de l'arrestation et de l'exécution de ses assassins. Dans la partie centrale du retable, étaient représentées la crucifixion et l'extraction du coeur de l'enfant.
Une peinture de la deuxième moitié du XVIe siècle illustrant les mêmes scènes est conservée aux Archives Historiques Nationales de Madrid, et témoigne de l'ancienneté du culte du Saint Enfant de La Guardia.
Dans l'entrée dénommée "du Mollete" de la Cathédrale de Tolède, se trouve encore aujourd'hui une fresque attribuée à Bayeu, représentant la crucifixion du Saint Enfant de la Guardia. Malheureusement, l'humidité et l'exposition aux intempéries ont favorisé la dégradation de la peinture.
Lope de Vega a écrit une oeuvre intitulée "L'enfant innocent de La Guardia" en s'inspirant de la légende du Saint Enfant (très probablement de l'uvre du frère Rodrigo de Yepes). Cette oeuvre, particulièrement cruelle pour une pièce de théâtre du Siècle d'or espagnol, montre dans son dernier acte, le martyre de l'enfant. Elle a été imitée par José de Cañizares, auteur de "Une image vivante du Christ: le Saint Enfant de la Ville de la Guardia".
La mort du Saint Enfant de la Guardia a été utilisée comme argument pour exiger la pureté du sang pour les aspirants à entrer dans les ordres dans l'archidiocèse de Tolède.

Voir aussi [modifier]
· Affaire de Tiszaeszlár
· Leo Frank
· Affaire Dreyfus
· Histoire des Juifs en Espagne
· Antisémitisme
· Accusation de crime rituel contre les Juifs

Références [modifier]
· (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en espagnol intitulé « Santo Niño de La Guardia »
· en: "History of Jews in Christian Spain" de Yitzhak BAER. Editeur: Jewish Publication Society (octobre 1980) - ISBN-10: 082760338X - ISBN-13: 978-0827603387
· en: "The age of Torquemada" de John Edward LONGHURST. Editeur: Coronado Press; 2nd édition (1964) - ASIN: B0007DKDA2
· es: L'inquisition espagnole
· en: John Edward LONGHURST: "The ritual murder of La Guardia"
· es: José María PERCEVAL,: "Un crimen sin cadáver: el Santo Niño de la Guardia". Historia 16, nº 202, p.44-58, febrero 1993.
Disponible sur Internet: [1]

Liens externes [modifier]
· es: Bulletin de la Real Academia de la Historia, de 1887. Article décrivant les pièces conservées du procès, y compris l'interrogatoire complet de Yuce Franco.
· es: Légende complète de "El Santo Niño de La Guardia"

 

En 1840, un moine capucin italien, le père Tommaso, disparaît sans laisser de traces. Le consul de France à Damas accuse des Juifs de l'avoir assassiné pour utiliser son sang à des fins rituelles, en l'occurrence la confection de pains de la Pâque. Sept notables juifs de Damas sont arrêtés et torturés.
James de Rothschild, consul honoraire d'Autriche à Paris, s'empare de l'affaire, bientôt suivi par Moïse Montefiore, sheriff de Londres et Adolphe Crémieux. Les puissances occidentales se mobilisent alors pour les Juifs de Damas et font pression sur le Sultan ottoman et le Pacha d'Égypte. Une délégation composée de Moïse Montefiore, Adolphe Crémieux et Salomon Munk, se rend en Égypte pour obtenir de Mohamed Ali d'intercéder en faveur des Juifs de Damas. Ceux-ci seront finalement libérés en août 1840. Montefiore obtiendra par la suite du Sultan Abdul Majid qu'il proclame un décret de protection des Juifs de l'Empire ottoman contre les accusations de crimes rituels.

Bibliographie [modifier]
· Pierre Hebey, Les disparus de Damas, Gallimard

Liens externes [modifier]
· Article Damas Affair dans la Jewish Encyclopedia (en anglais). Ci-dessous

 

DAMASCUS AFFAIR By : Gotthard Deutsch   M. Franco  

Accusation of ritual murder brought against the Jews of Damascus in 1840. At that time Damascus, together with Syria, belonged to Mohammed Ali, pasha of Egypt, who had revolted against the authority of his suzerain, the sultan Ma?mud of Constantinople. The governor of Damascus was an Egyptian Arab, Sherif Pasha by name.
On Feb. 5, 1840, Father Thomas, originally from Sardinia, and the superior of a Franciscan convent at Damascus, disappeared with his servant. This monk, who practised medicine, was very well known in the Jewish and Mohammedan quarters, as well as among the Christians. Some days previous he had had a dispute with a Turkish muleteer, who had heard him blaspheme Mohammed, whereupon the Turk is reported to have said: "That dog of a Christian shall die by my hand." Upon Thomas' disappearance the French consul at Damascus, Ratti Menton, who was an enemy to the Jews, following the advice of certain monks, instituted investigations in the Jewish quarter; and the governor, Sherif Pasha, pretending to act merely in accordance with the friendly relations existing between the governments of Louis Philippe and Mohammed Ali, aided the French consul in a culpable way. A confession was extorted by torture from a Jewish barber named Negrin, and eight of the most notable Jews, among them Joseph Lañado, Moses Abulafia, and Far?i, were imprisoned and tortured. Their teeth and beards were pulled out, they were burned, and finally tempted with gold, to persuade them to confess an imaginary crime. Lañado, a feeble old man, died under this treatment. Moses Abulafia became a Mohammedan in order to escape the torture. In spite of the stoic courage displayed by the sufferers, Sherif Pasha and Ratti Menton agreed on the guilt of the accused in view of the words resembling a confession that had escaped them in their agony. While Ratti Menton published libels against the Jews in French and in Arabic, Sherif Pasha wrote to his master, Mohammed Ali, demanding authorization to execute the murderers of Father Thomas. In the mean time the populace fell upon the synagogue in the suburb of Jobar, pillaged it, and destroyed the scrolls of the Law.
The Jewish communities of Europe were appealed to, and public meetings were held in London, Paris, and even New York and Philadelphia. Especially important was a meeting called by the lord mayor of London at the Mansion House, London, July 3, 1840. As a result the lawyer Isaac Crémieux and the Orientalist Solomon Munk from France, and Sir Moses Montefiore from England were sent as mediators to Alexandria to plead with the khedive. They arrived at Alexandria Aug. 4, and after repeated interviews with Mohammed Ali, obtained from him, on Aug. 28, the unconditional release and recognition of the innocence of the nine prisoners who still remained alive of the thirteen imprisoned. They then went to Constantinople, and obtained from the sultan Majid a firman declaring the accusation of ritual murder to be absurd (see Blood Accusation). The Austrian consul at Damascus, Merlatto, and the Austrian consul-general at Alexandria defended the rights of the Jews during all the incidents arising in this celebrated case. It was in part the Damascus affair which suggested tosome French Jews later the idea of founding the Alliance Israélite Universelle.

Bibliography: J. G. Lowenstein, Damassia, 1840;
Stimmen Berühmter Christen, 1841;
Persecution Contre les Juifs de Damas, Paris, 1840;
D. Salomons, An Account of the Recent Persecution of the Jews at Damascus, London, 1840;
Persecution of the Jews in the East, Philadelphia, 1840;
Jost, Gesch. der Israeliten, xi. 345-381;
Copies of Letters Received from Sir Moses Montefiore, 3 issues, 1840;
Graetz, History of the Jews, v. 632-661.

 

 

L'affaire Mortara est nommée d'après Edgardo Mortara (1851 - 1940), un enfant juif de 6 ans, vivant à Bologne en Italie et qui fut enlevé par les autorités papales en 1858 de façon à être élevé au sein de la religion catholique. Cette affaire devint un scandale international et le catalyseur de profonds changements politiques. Son souvenir influe toujours sur les relations entre l'Église catholique et les organisations juives.

Les faits [modifier]
Le 23 juin 1858 à la nuit tombante, la police pontificale, accompagnée de représentants des forces de l'ordre de Bologne, fait irruption au domicile de la famille juive de Salomon et Marina Mortara. Ils réveillent les huit garçons et s'emparent d'Edgardo, six ans et dix mois, en annonçant aux parents que l'enfant a été baptisé secrètement par leur ancienne employée, Anna Morisi, lors d'une maladie. Il ne peut donc rester dans une famille juive car, en grandissant, il serait très probablement devenu Israëlite. Or, ayant été au préalable baptisé, il aurait donc été apostat, et donc promis de façon certaine à l'Enfer, du point de vue catholique. Afin de sauver son âme, l'Église avait alors le devoir moral d'empêcher cette apostasie. L'enlèvement a été orchestré par l'Inquisiteur Feletti, sur ordre de Rome, c'est-à-dire de Pie IX.
Le petit Mortara est conduit immédiatement à Rome et, au cours du voyage, est rebaptisé Pio. L'étrangeté apparente de ce baptême vient que du fait même de sa maladie, le jeune garçon avait seulement été ondoyé et des rites restaient encore à accomplir: l'ondoiement est en effet un baptême temporaire, réduit à l'effusion d'eau, réservé aux cas d'urgence. Canoniquement valide, il doit être si possible complété.

Impact international [modifier]
À cette époque, les juifs de Bologne connaissent de nombreuses restrictions :
· ils n'ont pas de synagogue,
· ils vivent en de petits ghettos,
· il leur est interdit d'avoir des employés chrétiens.
La tragédie de la famille Mortara devient bientôt une « affaire » internationale, mais ne parvint jamais devant un tribunal impartial. Les Mortara accumulent les preuves de vices de forme et de machination, font d'innombrables tentatives pour rejoindre et récupérer leur fils, reçoivent des appuis de nombreux pays d'Europe:
· Des princes et des souverains catholiques, le comte Cavour, Napoléon III, François-Joseph d'Autriche écrivent personnellement au pape, lui recommandant de ne pas défier l'Europe,
· Guillaume, roi de Prusse, regrette auprès d'une association juive de ne pouvoir intervenir de crainte qu'une intercession protestante soit mal interprétée,
· La congrégation Juive de Sardaigne invoque l'aide de divers gouvernements,
· De nombreux rabbins allemands conduits par Ludwig Philippson envoient une pétition au pape,
· Les Juifs anglais tiennent des meetings, et Sir Moses Montefiore porte à Rome leur pétition au pape pour la libération de l'enfant.
· l'Alliance protestante,
· la société de la Réforme écossaise,
· l'Alliance chrétienne universelle.
Rien ne vient infléchir la décision de Rome qui, au contraire, multiplie les obstacles et les fins de non recevoir.
La création de l'alliance israélite universelle, en 1860, sera en partie lié à l'affaire Mortara. L'alliance participera également aux tentatives pour faire rendre le jeune Mortara à sa famille.
En 1867, à seize ans, Pio Mortara est ordonné prêtre malgré la promesse du cardinal Antonelli à Sir Moses Montefiore de laisser la liberté de choix au jeune homme à ses dix-sept ans. En 1870, il prêche au Ier concile cuménique du Vatican. Il est envoyé comme missionnaire dans de nombreuses villes d'Allemagne : Mayence, Breslau ; il prêchera aussi à New York. Son père meurt en 1871, après avoir été la cible du parti clérical, et faussement accusé d'avoir jeté une servante par la fenêtre ; après quelques mois de prison, il sera disculpé. En 1878, enfin, sa mère le rencontre à Paris et il tente de la convertir au catholicisme... Sa mère meurt en Suisse en 1895, et Pio assiste aux funérailles. Il meurt près de Liège, en 1940.
Les enlèvements d'enfants non-chrétiens trouvent leur source dans les décisions du 4ème concile de Tolède en 633, dont le Corpus juris canonici reconnaissait à l'Église le droit d'arracher à des familles non chrétiennes des enfants oblats, offerts à l'Église en état d'inconscience invitis parentibus, c'est-à-dire sans l'accord explicite des parents ; il suffisait qu'un chrétien affirmât les avoir baptisés.
Ceci a entrainé à travers les siècles de nombreux rapts d'enfants juifs ou de familles infidèles. Lorsqu'en 1775, Léon XII (1760-1829) confirme l'édit sur les Juifs, une série d'enlèvements se produisent :
· 1824 : Davide di Anselmo Tedeschi à Gênes
· 1826 : le petit Diena à Modène
· 1844 : Emilia à Reggio di Calabria
· et encore d'autres à Lugo et à Ancône.
L'affaire Mortara n'est donc pas la première du genre. L'émotion internationale soulevée montre cependant que l'évolution des sociétés européennes rendait ces comportements anciens de plus en plus inacceptables. De fait, la pratique des enlèvements d'enfants non-chrétiens devient de plus en plus rare, même si l'affaire Finaly (en France)1, à la fin de la seconde guerre mondiale, montre qu'elle restera longtemps considérée comme acceptable par une partie du clergé et de l'opinion catholique.
Si la position du pape fut critiquée, elle eut aussi ses soutiens. Le journaliste Louis Veuillot justifia ainsi avec violence, dans sa feuille l'Univers, qui soutient le parti clérical, l'attitude du Vatican. Il accusera les journaux qui défendent l'opinion contraire à la sienne d'être à la solde des juifs et les désignera comme étant la « presse juive » (c'est-à-dire au service des juifs). Ces articles constituent une des premières manifestations de l'antisémitisme moderne.
L'affaire Mortara s'est trouvée remise sous les feux de l'actualité lors de la béatification du pape Pie IX en 2000.

Articles connexes [modifier]
· antisémitisme, Affaire Dreyfus
· crise moderniste
· L'Affaire Finaly

Lire aussi [modifier]
· Riccardo Calimani, L'errance Juive], Denoël : ...le lointain IVe concile de Tolède de 633 avait, après en avoir débattu, inscrit dans le Corpus juris canonici le droit de l'Église à arracher à des familles non chrétiennes les enfants "oblats", offerts à l'Église en état d'inconscience invitis parentibus, c'est-à-dire sans l'accord explicite des parents ; il suffisait qu'un étranger affirmât les avoir baptisés. Naturellement, I'Église ne manqua pas de discuter de cette question, avec des interprétations tantôt extensives, tantôt restrictives. Martin V avait fixé la limite d'âge à douze ans ; quant à Boniface VIII, tout en désapprouvant les baptêmes par traîtrise d'enfants juifs...

Références [modifier]
1. ? Les enfants Finaly on été confiés à une catholique pendant la seconde guerre mondiale, qui les a fait baptiser de sa propre initiative. En 1945, elle refuse de les rendre à leur famille survivante. Il faudra plusieurs années de procès et une enlèvement en Espagne franquiste avant que les enfants Finally soient rendus à leur famille, dans les années 1950. On verra s'affronter une partie du clergé et de l'opinion catholique aux institutions françaises et à l'opinion publique laïque.

 

 

Affaire de Tiszaeszlár

En 1882 ­ 1883, des Juifs sont accusés à tort et jugés pour un crime rituel à Tiszaeszlár en Hongrie, entraînant dans le pays une violente agitation antisémite.

Origine de l'accusation [modifier]

 

Gyözö Istóczy: fondateur du Parti Antisémite Hongrois
Le 1er avril 1882, Eszter Solymosi, une jeune paysanne chrétienne de 14 ans, employée comme servante chez András Huri à Tiszaeszlár, un village hongrois situé sur la rivière Tisza, est envoyée faire des courses. Elle ne reviendra jamais.

Après des recherches infructueuses, une rumeur circule que la jeune fille a été victime du fanatisme religieux juif. Géza Ónody, représentant de Tiszaeszlár au Parlement Hongrois et Gy?z? Istóczy, un parlementaire qui fondera par la suite le "Parti Antisémite", demandent à la Chambre des Députés, l'expulsion des Juifs de Hongrie. Des agitateurs excitent le peuple contre les habitants juifs provoquant ainsi de nombreux actes de violence et des pogroms. Ils répandent l'accusation que les Juifs ont tué la jeune fille afin de récupérer son sang pour la préparation du pain azyme à l'approche de la Paque Juive qui débute le 4 avril.
Le 4 mai 1882, la mère de la fille accuse devant le juge local les Juifs d'avoir tué sa fille et le presse de procéder à une investigation.

"Confessions" des enfants Scharf [modifier]
Le 19 mai, le tribunal du comté de Nyíregyháza envoie l'officier de justice József Bary comme juge d'instruction à Tiszaeszlár.
Après avoir placé les Juifs suspectés sous surveillance policière, Bary commence par interroger Sámuel, le fils âgé de cinq ans de József Scharf, le bedeau de la synagogue. Après l'avoir amadoué avec quelques menues pièces de monnaie et des bonbons, quelques femmes réussissent à obtenir de lui qu'il reconnaisse que son père avait fait venir Eszter dans sa maison, et que le "shohet" (l'abatteur rituel) lui avait coupé la tête. D'après le récit de l'enfant transcrit par Bary, l'abatteur avait, en présence de son père et d'autres hommes, fait une incision dans le cou de la fille, tandis que lui et son frère Móric avait reçu le sang dans une coupe.
Son père, son frère Móric, qui a près de 14 ans ainsi que toutes les autres personnes suspectées nient toute implication dans la disparition de la fille et son assassinat présumé. Le 19 mai 1882, Scharf et sa femme sont arrêtés.
Móric répète sa déposition et ajoute qu'il n'avait pas eu connaissance de la disparition de la fille, même par ouï-dire. Dans la soirée, il est remis à Recsky, le commissaire chargé de la sécurité, qui l'emmène dans sa villa à Nagyfalu, où le greffier, Péczely, reçoit comme instruction officielle de veiller à la sécurité du garçon. En réalité, il semble que Péczely, un géant qui a passé 12 ans en prison pour meurtre, a reçu comme véritable instruction de Recsky de faire de Móric l'instrument d'une accusation classique de crime rituel.
Comme les dénonciations transcrites d'un enfant de cinq ans n'ont aucune valeur devant une cour, il est important de faire "craquer" son frère. Intimidé, harcelé, malmené, Móric finit par confesser qu'après l'office du samedi matin, son père avait fait venir Eszter dans sa maison sous le prétexte de lui demander de retirer quelques bougies (un acte interdit aux Juifs pieux le Chabbat); qu'un mendiant juif, Hermann Wollner, qui loge chez eux avait conduit la fille dans le vestibule de la synagogue et l'avait agressée; et qu'après l'avoir dévêtue, deux abatteurs, Ábrahám Buxbaum et Leopold Braun, l'avaient maintenue, tandis qu'un autre abatteur Salamon Schwarz, avait incisé son cou avec un grand couteau et avait vidé son sang dans une coupe. Ces trois hommes, candidats au poste vacant de précepteur et de shohet, étaient arrivés à Tiszaeszlár pour officier en ce shabbat particulier et d'après l'enfant étaient restés dans la synagogue après l'office du matin. D'après sa confession, Móric aurait observé toute la scène, en épiant par le trou de serrure de la porte de la synagogue. Pendant les 45 minutes durant lesquelles il aurait regardé, il aurait aussi vu qu'après avoir saigné la jeune fille, Sámuel Lustig, Ábrahám Braun, Lázár Weisstein, et Adolf Jünger lui aurait mis un foulard autour du cou et l'aurai rhabillée.
Les deux conspirateurs, Recsky et Péczely appellent immédiatement le juge d'instruction Bary, devant lequel la même nuit, Móric recommence son récit, ajoutant qu'après le départ des abatteurs, il avait fermé la synagogue à clef.
Mais malgré les fouilles minutieuses organisées par Bary, aucun corps ni aucune trace de sang ne sont trouvés dans la synagogue, ni dans les maisons des Juifs suspectés, ni parmi les tombes du cimetière juif. Cependant douze Juifs sont arrêtés en suspicion et le jeune Móric Scharf et remis au geôlier.
Le 18 juin, un corps est retiré de la rivière Yisza près du village de Dada. Le médecin légiste déclare que le corps est celui d'une jeune fille d'environ 14 ans et beaucoup de témoins malgré l'état de décomposition avancée reconnaissent la jeune Eszter Solymosi. Sa mère refuse catégoriquement de reconnaître le corps de sa fille, mais ensuite identifie les habits portés par la morte comme étant ceux de sa fille. Un comité d'experts composé de deux médecins et d'un chirurgien déclare que le corps est celui d'une fille de 18 à 20 ans qui s'est noyée huit à dix jours auparavant. Le corps est enterré au cimetière catholique de Tiszaeszlár.
Les agitateurs antisémites, avec parmi eux le prêtre catholique de la ville, insinuent que le corps a été "trafiqué" par les Juifs et habillé avec les habits d'Eszter Solymosi afin de dissimuler le crime de meurtre rituel. Les artisans qui trouvèrent le corps sont conduits sous la menace à retirer leur première déposition et à déclarer qu'ils ont eux-mêmes mis le corps dans la rivière après qu'une juive inconnue leur eut demandé de vêtir la morte avec les habits qu'elle avait apportés
De nouvelles arrestations sont opérées, et l'affaire devient maintenant une cause nationale.

Les accusations formelles [modifier]
Le 29 juillet des accusations formelles sont portées à l'encontre des 15 personnes suivantes: Salamon Schwarz, Ábrahám Buxbaum, Leopold Braun, et Hermann Wollner pour meurtre. József Scharf, Adolf Jünger, Ábrahám Braun, Sámuel Lustig, Lázár Weisstein, et Emánuel Taub pour assistance volontaire à un crime; Anselm Vogel, Jankel Smilovics, David Hersko, Martin Gross, et Ignác Klein pour complicité de crime et dissimulation de corps.

 

Le journaliste et député Károly Eötvös, défenseur des accusés
Le retard apporté à l'affaire est principalement dû aux actes reconnus arbitraires et illégaux de Bary qui a conduit les interrogatoires seul sans l'assistance d'un procureur, a rédigé les procès-verbaux sans témoin et a torturé les accusés et les suspects.
Par ordre du gouvernement, le jeune Móric Scharf est placé sous le contrôle de l'huissier de justice du district qui le place en détention préventive chez le gardien Henter. Il lui est interdit de communiquer avec les autres inculpés et les autres Juifs. Il est ainsi entièrement sous l'influence de leurs adversaires et reçoit des instructions pour le témoignage qu'il doit faire lors du procès.
Les accusés sont défendus par Károly Eötvös, un journaliste et membre de la Chambre des Députés, associé aux avocats B. Friedmann, Sándor Funták, Max Székely de Budapest, et Ignác Heumann de Nyíregyháza, le siège du tribunal correctionnel où est jugé l'affaire.
Dans une requête adressée au Ministre de la Justice Pauler, Eötvös proteste contre les tortures pratiquées par Bary, Recsky, et Péczely, mais sa protestation ne produit aucun effet. L'affaire ayant traîné trop en longueur, le procureur du Roi à Budapest, Kozma, se rend à Nyíregyháza en septembre pour accélérer l'instruction.

Protestation de Lajos Kossuth [modifier]
La lenteur de l'instruction attire l'attention générale. Le pays est gravement agité. Un grand nombre de pamphlets attise les passions du peuple et essayent d'établir la culpabilité des accusés.

 

Lajos Kossuth dénonçe avec vigueur la campagne antisémite
Lajos Kossuth, qui vit alors en exil à Turin, fait entendre alors sa voix puissante pour critiquer sévèrement l'action des autorités et pour désapprouver cet embrasement de préjugés anti-Juifs. Il considère que la suspicion de crime rituel est un déshonneur pour la Hongrie; de représenter un meurtre, aussi abominable soit-il, commis par un individu, comme un crime rituel ou un crime racial, n'est pas digne d'une civilisation moderne. Ce cri d'indignation d'un patriote vétéran contraste étrangement avec la furie de persécution et de préjugés qui fait rage à travers le pays et qui se répercute à la Chambre des Députés.
Le procureur général Havas se rend alors à Nyíregyháza, et constate qu'en dépit de la déclaration officielle du juge d'instruction, les accusés n'ont jamais été entendus. Il relâche quelques prisonniers, mais réalisant que son travail pour accélérer l'affaire est entravé par des personnes influentes, il offre sa démission qui est promptement acceptée

Exhumation du corps d'Eszter [modifier]
Vers la mi-novembre, la femme de József Scharf est libérée, tandis que son mari et les autres prisonniers restent détenus.
Le 7 décembre, à la demande des avocats de la défense, le corps retrouvé dans la Tisza est exhumé et réexaminé par trois professeurs de médecine de l'Université de Budapest: Schenthauer, Belky, et Mihalkovics. Ils trouvent que l'opinion émise par les membres du comité précédent n'est basée sur aucune base scientifique et plus tard lors du procès, ils les taxeront de grave ignorance. Le corps est en état trop avancé de décomposition pour permettre un jugement catégorique. Le fait que le corps n'ait jamais été réclamé ne laisse que peu de doute dans leur opinion que c'est bien celui d'Eszter Solymosi. En plus, ils constatent que la gorge n'a pas été tranchée et qu'un crime rituel n'a pas été commis
Le 17 juin 1883, le dernier acte de cette sinistre affaire se déroule devant la cour de Nyíregyháza. Le juge Ferenc Korniss préside avec Eduard Szeyffert comme procureur d'État. Bien que le témoignage de Móric Scharf soit la seule base de l'accusation, la cour va tenir 30 sessions pour examiner l'affaire dans tous ses détails, et entendre de nombreux témoins. Les contradictions flagrantes du garçon, en dépit des instructions qu'il a reçues, et la fausseté de ses accusations par rapport à l'inspection de la scène supposée du crime effectuée par la cour à Tiszaeszlár le 16 juillet, conduisent le 3 août, à l'acquittement unanime des accusés
Szalay, l'avocat de la veuve Solymosi, dans un discours plein d'invectives hideuses, fait appel de la décision, mais la cour suprême rejette l'appel et confirme le verdict du tribunal correctionnel
Le jeune accusateur qui avait été conditionné pour renier sa foi et ses parents, retourne chez ses parents qui l'accueillent joyeusement

Acquittement des accusés [modifier]
Le verdict de l'acquittement et la libération des prisonniers, qui pour la plupart avaient langui 15 mois en prison, sont le signal de soulèvements à Presbourg (Bratislava), Budapest, et dans d'autres villes de Hongrie. Les spectateurs qui se pressaient dans le tribunal pendant les sessions, se conduisent scandaleusement à l'annonce du verdict, en insultant les prisonniers, en menaçant les témoins et les avocats de la défense et en vociférant des cris de haine. Parmi eux, et loin d'être le moins actif, Onody, le représentant de Tiszaeszlár à la Chambre des Députés.

Voir aussi [modifier]
· Leo Frank
· Affaire Beilis
· Affaire Hilsner
· Affaire Dreyfus
· Histoire des Juifs en Hongrie
· Antisémitisme
· Accusation de crime rituel contre les Juifs

Références [modifier]
· (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé « Tiszaeszlár blood libel »
· en: JewishEncyclopedia
· de: Bibliography: Allg. Zeit. des Jud. 1882-83, 1884, p. 248;
· de: Die Neuzeit, 1882-83;
· de: Der Blutprozess von Tisza-Eszlar, New York, 1883;
· de: Paul Nathan, Der Prozess von Tisza-Eszlar, Berlin, 1892.S. S. Man.
· hu: Eötvös Károly: A nagy per, Budapest, 1904.
· hu: Krúdy Gyula: A tiszaeszlári Solymosi Eszter, Budapest, 1975. (2nd ed.)

 

L'Affaire Hilsner aussi connue sous le nom de l'Affaire de Polna, est une accusation de meurtre rituel contre un Juif nommé Leopold Hisner en Bohême en 1899 et 1900. Cette affaire eu à l'époque un grand retentissement et conduisit à une vague d'agitations antisémites.

Le meurtre [modifier]
Ane?ka Hr?zová, une jeune catholique tchèque de 19 ans, vivant à Klein Veznic (maintenant: V??ni?ka), un village situé à trois kilomètres de Polná, et se rendant tous les jours dans cette ville pour y travailler comme couturière, quitte son poste de travail le 29 mars 1899 dans l'après-midi, et ne sera jamais revue vivante. Trois jours plus tard, le 1er avril, son corps est retrouvé dans une forêt, la gorge tranchée et ses vêtements déchirés. Non loin, on trouve une mare de sang, quelques cailloux maculés de sang, une partie de ses vêtements et une corde avec laquelle elle a été soit étranglée, soit tirée après son assassinat jusqu'à l'endroit où le corps a été découvert.

L'accusation de Leopold Hisner [modifier]
Les soupçons de la police se portent tout d'abord sur quatre vagabonds qui ont été aperçus dans le voisinage de la forêt l'après-midi du jour où le meurtre est supposé avoir été commis. Parmi eux se trouve Leopold Hilsner, un Juif de 23 ans, simple d'esprit et qui a été vagabond toute sa vie. Les soupçons se focalisent sur lui, car il a été vu souvent se promener dans la forêt près du lieu où le corps a été retrouvé. Une perquisition chez lui ne montre rien de suspect. Il affirme avoir quitté le bois l'après-midi du crime longtemps avant l'heure supposée du crime, mais il ne peut fournir aucun alibi vérifiable. Hilsner est donc arrêté et jugé à Kuttenberg (maintenant: Kutná Hora) du 12 au 16 septembre. Il nie toute connaissance du crime. Le seul objet qui peut être utilisé comme preuve contre lui, est un pantalon sur lequel quelques taches ont été trouvées, et qui selon le témoignage d'experts chimistes pourraient être des taches de sang que l'on aurait essayé de faire disparaître en lavant le pantalon. Un témoin à charge, Peter Peschak, déclare avoir vu Hilsner, à une distance d'environ 600 mètres, accompagné de deux Juifs inconnus, le jour du meurtre, à l'endroit où le corps a été retrouvé. Un autre témoin affirme l'avoir vu sortir du bois l'après-midi du 29 mars et avoir remarqué qu'il était particulièrement agité. . Le procureur, ainsi que Karel Baxa, l'avocat de la famille Hr?za font de claires suggestions de crime rituel. Certaines dépositions prouvent que si Hilsner est peut-être impliqué dans le meurtre, il est en tous cas trop faible pour l'avoir commis tout seul. Malgré cela, il est condamné à mort, tandis que ses complices supposés restent inconnus et que rien n'est alors fait pour les rechercher.

La "Confession" [modifier]
Sur la base de points techniques, Tomá? Masaryk, professeur à l'Université Charles de Prague et futur président de la Tchécoslovaquie, interjette appel auprès de la cour suprême. Celle-ci ordonne qu'un nouveau procès se déroule à Písek afin d'éviter une intimidation du jury et que le procès puisse avoir lieu sans être influencé par l'agitation politique.
Le 20 septembre, quelques jours après le premier procès, Hilsner est effrayé par ses codétenus qui, lui montrant quelques charpentiers travaillant dans la cour de la prison, lui disent que ceux-ci sont en train de construire son gibet. Ils le persuadent de donner les noms de ses complices en lui promettant qu'ainsi sa peine serait commuée. Hilsner implique alors Joshua Erbmann et Solomon Wassermann comme ceux qui l'ont aidé. Amené devant le juge le 29 septembre, il déclare que tout ceci est faux. Le 7 octobre cependant, il réitère ses accusations, mais de nouveau le 20 novembre, il se rétracte. Heureusement pour ceux qu'il accuse, ils sont capables de fournir des alibis vérifiables, l'un se trouvant même en prison le jour du meurtre, et l'autre dans un asile pour pauvres en Moravie, ils ne pouvaient matériellement pas être présents ce jour là à Polná.

L'agitation antisémite [modifier]
Pendant ce temps, des agitateurs antisémites essayent de monter la population contre les Juifs et plus particulièrement contre Hilsner. En particulier, le journal Deutsches Volksblatt de Vienne, envoie un reporter spécial effectuer des investigations. Le Vaterland, le principal organe de l'église, réitère les accusations de meurtre rituel. Dans plusieurs régions, des manifestations parfois violentes ont lieu contre les Juifs, comme à Holleschau (maintenant: Hole?ov) et à Nachod. Un grand meeting de protestation organisé le 7 octobre par la communauté juive de Vienne ainsi qu'un appel direct au premier ministre ne réussissent pas à calmer l'agitation. La condamnation à quatre mois de prison le 11 décembre d'August Schreiber, un des éditeurs du Deutsches Volksblatt pour diffamation envers les Juifs ne fait au contraire qu'aggraver la tension. Des discours violents contre les Juifs sont prononcés le 12 décembre au Reichsrath et le Dr. Baxa, l'avocat de la famille Hruza, dans un discours devant la Diète de Bohême le 28 décembre accuse le gouvernement d'impartialité en faveur des Juifs.

Le deuxième procès [modifier]
Entre-temps, Hilsner est accusé d'un autre meurtre. Marie Klímová, une servante, avait disparu le 17 juillet 1898, et le corps d'une femme avait été retrouvé le 27 octobre dans la même forêt où l'on avait retrouvé le corps de Ane?ka Hr?zová. Le corps avait été identifié avec une grande probabilité comme étant celui de la jeune servante. Le corps étant en état de décomposition avancée, il avait même été impossible de connaître la cause de la mort et si un crime avait été commis. Hilsner est jugé aussi pour ce second crime à Písek du 25 octobre au 14 novembre 1900. Les témoins lors de ce procès sont plus explicites dans leurs dépositions. Ceux qui lors du premier procès avaient affirmé avoir vu Hilsner en possession d'un couteau, affirment maintenant que le couteau était un couteau similaire à ceux utilisés pour les abattages rituels. Les Juifs étrangers que les témoins avaient vus en compagnie de Hilsner sont cette fois ci décrits avec une grande précision. Quand on fait remarquer aux témoins que leur témoignage diffère sensiblement de celui donné lors du premier procès, ils affirment qu'ils étaient intimidés par le juge ou que leur témoignage n'avait pas été correctement consigné.
Le 14 novembre, le verdict est prononcé et Hilsner est déclaré coupable du meurtre de Ane?ka Hr?zová ainsi que de celui de Marie Klímová. Il est condamné à la peine de mort, mais la sentence est commuée le 11 juin 1901, par l'empereur en prison à vie. La sentence est commuée sur la base d'une grâce impériale, bien que de nombreuses demandes pour un nouveau procès soient refusées. Peu de temps avant la fin de la Première Guerre mondiale, le 24 mars 1918, Hilsner est gracié par l'empereur Charles Ier d'Autriche.
Il passera le restant de sa vie à Velké Mezi?í?í, Prague et Vienne où il meurt le 9 janvier 1928 à l'age de 52 ans.
Il n'a jamais pu être établi si Hilsner était ou pas complice du meurtre de Ane?ka Hr?zová ou si la thèse développée par Masaryk, que la jeune Ane?ka Hr?zová n'a pas été tuée là où le corps a été découvert et qu'elle a plus que probablement été victime d'une querelle familiale était fondée.

Voir aussi [modifier]
· Affaire de Tiszaeszlár
· Affaire Beilis
· Accusation de crime rituel contre les Juifs
· Affaire Dreyfus

Références [modifier]
· (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article de Wikipédia en anglais intitulé « Hilsner Affair »
· Cet article comprend du texte provenant de la Jewish Encyclopedia de 1901­1906, une publication tombée dans le domaine public.

Liens externes [modifier]
· (en): Info sur la page web du Musée Juif de Prague

 

Menahem Mendel Beilis; (1874-1934) est un Juif ukrainien accusé en 1913, lors d'un procès inique, d'avoir commis un crime rituel. Ce procès déclenche une vague de critiques contre la politique antisémite de l'Empire Russe.

Menahem Mendel Beilis est né dans une famille juive pieuse, mais lui-même n'a que peu de connaissance religieuse et travaille régulièrement le Chabbat ainsi que les jours de fêtes à l'exception de Roch Hachana et de Yom Kippour. En 1911, Beilis, un ancien soldat et père de cinq enfants, est employé comme superintendant dans la fabrique de briques Zaitsev à Kiev.
Le 12 mars 1911, un jeune garçon ukrainien de treize ans, Andrei Yushchinsky disparaît sur le chemin de l'école. Huit jours plus tard, son corps mutilé est découvert dans une grotte près de la fabrique de briques.

Période d'attente du procès (1911-1913) [modifier]

 

Beilis arrêté par la police tsariste
Beilis est arrêté le 21 juillet 1911, après qu'un allumeur de réverbères ait attesté que le garçon a été kidnappé par un Juif. Un rapport soumis au Tsar Nicolas II par les autorités judiciaires affirme que Beilis est le meurtrier de Yushchinsky.
Menahem Beilis passe plus de deux ans en prison dans l'attente de son procès. Pendant ce temps, une campagne antisémite malveillante est lancée par la presse russe contre la communauté juive, avec accusation de crime rituel.
De nombreux intellectuels russes écrivent pour dénoncer cette campagne et les fausses accusations contre les Juifs. Parmi eux: Maxime Gorki, Vladimir Korolenko, Alexander Blok, Alexander Kuprin, Vladimir Vernadsky, Mykhailo Hrushevsky, Pavel Milyukov, Alexander Koni.

Le procès [modifier]
Le procès a lieu à Kiev du 25 septembre au 28 octobre 1913. Le procureur général A.I. Vipper fait une déclaration ouvertement antisémite dans son discours de clôture.
L'accusation est composée des meilleurs juristes du gouvernement. Un des témoins de l'accusation, présenté comme un expert religieux dans les rituels juifs est le prêtre catholique Justinas Pranaitis, venu spécialement de la ville lointaine de Tashkent. Il a du être appelé en raison de son livre de 1892 "Le Talmud démasqué", imprimé avec l'imprimatur de l'Archevêque Métropolitain de Moguilev, et dont les nombreuses inexactitudes sont toujours citées de nos jours par les antisémites. Pranaitis atteste que le meurtre de Yushchinsky est un rituel religieux, associant le meurtre de Yushchinsky à un sacrifice, une imposture admise par de nombreux russes de cette époque. Un autre témoin, présenté comme expert, est le professeur Sikorski de l'Université de Kiev, un psychologue médical qui considère aussi le cas comme un meurtre rituel.

 

Un tract antisémite distribué à Kiev avant le procès de Beilis, recommandant aux parents chrétiens de veiller sur leurs enfants durant la Pâques Juive.
Grâce au concours de la communauté juive, Beilis est représenté par les plus fameux avocats de Moscou, de Saint-Pétersbourg , et de Kiev: Vasily Maklakov, Oscar Grusenberg, N. Karabchevsky, A. Zarundy, and D. Grigorovitch-Barsky. Deux éminents professeurs russes Troitsky et Kokovtzov, parlent au nom de la défense et font l'éloge des valeurs juives et démontent les contrevérités de l'accusation, tandis que le philosophe Alexander Glagolev, Chrétien Orthodoxe, professeur au Séminaire Théologique de Kiev, affirme que "la loi de Moïse interdit de répandre du sang humain et l'usage du sang dans l'alimentation cacher".
L'allumeur de réverbères, sur le témoignage duquel repose toute l'accusation de Beilis, avoue avoir été embrouillé par l'Okhrana, la police secrète.
Après une délibération qui dure plusieurs heures, le jury, composé uniquement de chrétiens, acquitte Beilis. Parmi le jury, il n'y a aucun représentant de l'intelligentsia.
La presse libérale révèle alors que dès le début de l'enquête, la police avait réussi à déterminer que le matin de sa disparition, Andrei Yushchinsky avait décidé de sécher l'école et de rendre visite à son ami, Zhenya Cheberyak. La mère de Zhenia est parfaitement connue de la police comme faisant partie d'une bande de voleurs en tant que receleuse et avait très rapidement été soupçonnée du meurtre.

Après le procès [modifier]
Le procès Beilis est suivi dans le monde entier et les polices russes sont sévèrement critiquées. L'affaire Beilis est souvent comparée à l'affaire Leo Frank où un Juif américain, directeur d'une fabrique de crayons d'Atlanta est accusé du viol et de l'assassinat de la jeune Mary Phagan de douze ans et lynché en 1915, par la foule après que sa sentence ait été commuée en prison à vie.
Après sa relâche, Beilis et sa famille quittent la Russie pour la Palestine, alors province de l'Empire ottoman. En 1920, il s'installe aux États-Unis où il meurt en 1934.

Influence [modifier]
Bernard Malamud écrit un livre "L'Homme de Kiev" (en anglais: "The Fixer") sur ces événements dont John Frankenheimer tire en 1968 le film éponyme "L'Homme de Kiev, avec Alan Bates et Dirk Bogarde.

Références [modifier]
· (fr): Mendel Beilis, L'Affaire Beilis, Kiev 1911-1913, traduit par Elsa Boussiba, éd. Raphaël 1994, ISBN 2-87781-031-3
· (en): ISBN 1-56062-166-4 Scapegoat on Trial: The Story of Mendel Beilis - The autobiography.
· (en): ISBN 0-87668-179-8 The Beilis Transcripts. The Anti-Semitic Trial that Shook the World. by Ezekiel Leikin
· (en): ISBN 5-7349-0016-8 The Beilis Case. Modern Research and Documents.

Liens externes [modifier]
· (en): L'affaire Beilis
· (en): Une accusation gouvernementale de crime rituel: l'affaire Beilis (Beyond the Pale - friends-partners.org)
· (ru): Plaidoirie de l'avocat de la défense V.A. Maklakov
· (ru): Articles and Appel au Peuple Russe par Vladimir Korolenko
· (ru): Rapport sténographique du procès. Volumes 1-3
· (ru): ??????, ??????? ??????? in The Shorter Jewish Encyclopaedia, Jérusalem. 1976-2005
· (ru): L'affaire Beilis: vérité et mythe by Feliks Levitas, Mikhail Frenkel (Jewish Observer, Jewish Confederation of Ukraine) April 12, 2006

 

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